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C’est l’album qui est en train d’ensorceler mon été : un vrai disque d’amour, fleurs dans les cheveux, cheveux au vent. A l’origine, une fille et un garçon de Los Angeles. Aux quatre coins de l’Amérique, les statistiques de divorces sont à la baisse et des couples apparaissent plus que jamais soudés dans les compositions et les chœurs, comme unis à la vie à la mort dans la folie de leurs chansons.

A la tête du quintet Bodies of Water, David et Meredith Metcalf s’époumonent comme si on essayait de leur arracher leurs alliances des doigts. On les a déjà adorés dans leur projet de constituer un Abba version lo-cost : Music Go Music, et leur tube juste parfait, Warm in the Shadows.

On est tout aussi content de retrouver notre tribu d’amish en version débranchée bien qu’ils aient perdu et remplacé deux membres au passage. Twist Again, le troisième album de Bodies of Water, est juste une formidable ode à la passion, chantée sur une pop mélancolique, le tout teinté de mysticisme flippant à l’Américaine, de gospel, de psychédélisme, de prog rock, de disco, et d’harmonies vocales théâtrales. Encore plus que sur leur précédent, le déjà exceptionnel A Certain Feeling de 2007, l’influence d’Abba se fait ici sentir dans certains chœurs féminins délicieux, héritage de leur schizophrénie à se répartir entre deux groupes. Si on m’avait dit que ce Summer of love 2011 se passerait sous les palmiers de LA, j’en serais resté baba. Mais toujours très cool.

Le gros avantage à écouter du rock en 2011, c’est qu’on n’écoute pas que du rock. Ruban Nielson, le génie derrière le mystérieux Unknown Mortal Orchestra est un natif de Nouvelle-Zélande installé à Portland, Oregon. S’il cite en vrac Captain Beefheart, Sly Stone et RZA du Wu-Tang, c’est pour bien montrer que sa pop fumeuse expérimente, chauffe, brasse et renouvelle les énergies comme nulle autre. On aurait pu ajouter Syd Barrett, Gang of Four ou les Kinks, tout le monde n’y aurait vu que du feu et c’est bien là l’essentiel : son disque tout bêtement intitulé Unknown Mortal Orchestra avec une pochette futuristico bucolique se consume comme un feu de joie qui crépite et réchauffe jusqu’à la dernière braise.


Son histoire a pourtant presque débuté comme une blague. Un premier morceau publié sur Bandcamp (Ffunny Ffrends) avec un nom trouvé en catastrophe, des téléchargements qui s’emballent, et voilà notre oiseau pris au piège, bien obligé de lancer sa carrière solo après s’être affranchi de son groupe, les Mint Chicks. Des concerts cette année dont SXSW et une tournée en première partie de Portugal the Man. Un premier EP dont on retrouve les quatre morceaux sur l’album. Et voilà ce cousin brun de Connan Mockasin, autre kiwi allumé parti à la conquête du monde, qui déroule sur son premier album une pop lo-fi et singulière qui lui ouvre grand les bras de la famille d’Ariel Pink. Paru ce mois-ci chez Fat Possum, ce disque est à son image : weird sans être noise, pop tout en étant funk, hip-hop compatible blanc bec, psyché mais pas drogué. La France s’excusera-t-elle un jour des ravages causés par ses essais nucléaires autour de la Nouvelle-Zélande ?

 

 


Comme si les Byrds curbaraient au chamallows plutôt qu’aux acides. Comme si les Beach Boys surfaient sur la plage mazoutée de l’Amoco Cadiz. Comme si The Jesus & Mary Chain avait décidé de s’accoupler à Ronnie Spector. Comme si les Everly Brothers braillaient en bleu de travail au fond d’un garage de la banlieue de Springfield. Comme si les Cults composaient après avoir dormi toute leur jeunesse à la belle étoile dans le caniveau. Comme si dans nos rêves les plus fous, l’adolescence durait éternellement.

Ils sont de Vancouver, menés par le songwriter ténébreux et torturé Rory McClure (costard noir, Converse et regard de pigeon effrayé qui va se faire tirer dessus). Leur premier album beau à pleurer s’appelle Violent Hearts car chez Rory, l’amour fait autant de bien que de mal mais écrit toujours une tragédie. 14 chansons, 28 minutes, disponible sur le courageux label indie parisien Almost Musique le 12 septembre et chez Hardly Art / SubPop pour l’Amérique du Nord. Ce sont les Shimmering Stars.


Extraits du film Pourvu qu’on ait l’ivresse de Jean-Daniel Pollet, clip monté par Djessy Denuit.

Katy Brien est née à Londres le 8 mai 1989. Peut-être le jour même où j’achetais l’album de Shades of Rhythm, un nouveau Beloved ou un maxi de 808 State. Ou pourquoi pas un Neneh Cherry, voire même une production du label Talkin Loud de Gilles Peterson. Tous ces noms ne diront pas forcément grand chose aux natifs de cette glorieuse année qui avait vu le rock et la dance fusionner en une orgie qui allait bouleverser bon nombre d’existences rongées par l’apathie du rock indépendant et de la pop british de l’époque. Et la mienne en l’occurrence.

Pourtant, ils expliquent chacun à leur façon la descendance de cette gamine anglaise d’à peine 21 ans qui régénère la pop locale en l’encanaillant avec les rythmiques du genre le plus novateur, même si le plus underground de l’Angleterre actuelle : le dubstep. Après une participation réussie au balourd double album de Magnetic Man – les Asia du genre -, la voilà en solo, sur le label Rinse (Skream, Roska…), décomplexée et malicieuse, prête à reprendre un flambeau à des précurseurs dont elle n’a cure. Et c’est peut-être là le secret de sa formule juste miraculeuse, parfait équilibre entre pop  funky et UK bass.

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