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Quel bonheur de se retrouver après ces deux semaines d’absence ! Et quoi de mieux qu’une étonnante jeune fille capable de réconcilier pop lo-fi, trifouillages électroniques, new-wave et mélodies sixties du bonheur pour relancer la machine ? Derrière le nom au pluriel de U.S. Girls se cache en réalité la seule Meghan Remy, vraie fille et vraie Américaine.





A l’actif de cette blonde qui ne compte pas pour des prunes, déjà deux albums obscurs et bordéliques, ainsi qu’un single partagé avec le lonely surf rocker Dirty Beaches. C’est bruyant, culotté et bordélique, comme si Nancy Sinatra dictait ses recettes à Throbbing Gristle en charge des fourneaux. D’autres fois, on pense à un pont étonnant reliant les Raincoats à Fever Ray, ou à Austra fumant un joint dans un studio de Kingston. Sur scène, elle joue seule, sans filet avec son matériel parfois juste posé par terre.




Son troisième album parait ce mois-ci et c’est un sacré coup de cœur, le genre de disque suffisamment varié et mature pour que je lui accorde toute ma confiance. Il s’appelle tout bêtement U.S. Girls on Kraak car il est publié sur le label indépendant Kraak pour la première et à priori la dernière fois, vu que la jeune fille a rejoint l’écurie britannique Fat Cat pour la suite de sa prometteuse carrière.
U.S. Girls on Kraak révèle d’époustouflants progrès en matière de production et d’accessibilité au plus grand nombre d’oreilles. Meghan Remy s’affirme comme une compositrice unique et douée, ouverte à tous les vents musicaux, y compris le R&B avec une accaparation personnelle et craquante de The Boy is Mine de Brandy & Monica.


Pour être complet et au clair de la rubrique people, Meghan est à la ville la petite amie de Slim Twig alias Max Turnbull, dandy pop rock qui prépare un concept album autour de leur couple et qui a coproduit U.S. Girls on Kraak.

Mais U.S. Girls reste bel et bien le projet de la seule Meghan. Sur la foi du seul morceau The Island Song, j’ai décidé de la rebaptiser son nom en The XXL histoire de lui faciliter la vie sur Google. De rien Meghan.


U.S. Girls et Slim Twig en concert à Paris à l’Espace B, vendredi 25 novembre 

Le côté sympa des musiques dites expérimentales ou difficiles qui ne le sont pas toujours (sympas), en tout cas de prime abord, c’est qu’un jour ou l’autre, leurs responsables finissent par en arrondir les angles, en raboter les aspérités, en limer les contours tranchants.

 

 

Exemple avec James Ferraro, producteur New-Yorkais de génie, promoteur d’une pop lo-fi psychédélique abstraite, et auteur d’une multitude invraissemblable de cassettes, disques, CD-R et enregistrements depuis le milieu des années 2000. Il a aussi joué au sein de groupes noise aux noms improbables comme Lamborghini Crystal ou The Skaters. Mais en solo, c’est le roi de la bidouille pop. Quant à la scène, c’est le territoire de tous les possibles.

 

 

 

 

Le premier virage vers une mise à la portée de sa musique au commun des mortels se déroule il y a quelques mois avec la parution de son album Night Dolls With Hairspray, œuvre fantasque et virevoltante aux collages obsessionnels, qui opposait sur un même ring un rock bruitiste à la culture pop américaine des années 80. 

 

 

 

 

 

Dans une biographie écrite par le journaliste Simon Reynolds, James Ferraro est comparé à un Devo moderne et décrit comme un révélateur de la décadence et du grotesque de la culture et de la société de consommation américaines. Les titres de ses morceaux y font d’ailleurs explicitement référence, de Lipstick on Ants à Britney’s Gum ou Movie Monster.

 

 

 

 

Avec son tout nouveau EP aux 7 titres courts, intitulé Condo Pets, Ferraro prend une voie plus intimiste et moins virulente. Sa musique demeure toujours aussi insaisissable, indéfinissable. Pourtant, elle n’en demeure pas moins fascinante et inoubliable. L’un de ses morceaux de 2009 s’appelait Last American Hero. Et si c’était lui ?

 


Alors convaincu ? Moi je suis prêt à parier ton poids en Ferraro Roche d’or qu’il va venir avec ses machines à l’édition de 2012 de Villette Sonique. Sans (Dan) Deaconer.

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