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Archives de Tag: hip-hop

Alors voilà, on pensait finir l’année peinard, un petit bilan financier et puis s’en va… Et voilà que The Weeknd refuse de nous lâcher la grappe et publie en cette toute fin d’année une troisième mixtape de ouf, baptisée Echoes of Silence, toujours à base de R&B lascif, de cochonneries en dessous de la ceinture et de substances prohibées. Et comme d’hab, les trois de Toronto l’ont mise en ligne gratuitement sur leur site.

On rappelle juste pour les fainéants qui ne voudront pas chercher dans l’historique des articles que The Weeknd (à prononcer et comprendre comme the weakened, soit les affaiblis), c’est une voix en plaqué or, Abel Tesfaye (né en 1990), associée à la patte de velours de deux producteurs, Doc McKinney et Illangelo. 

En apéro de l’indispensable opération téléchargement de l’album, deux extraits des neuf titres du magnifique Echoes of Silence : dont le monumental Montreal et sa citation du Laisse tomber les filles de France Gall.

Tout ça est à télécharger librement et sans crainte d’Hadopi sur le site de The Weeknd. Les réfractaires au téléchargment peuvent aussi l’écouter via leur Soundcloud.

Et pas besoin d’être Paco Rabanne pour prédire que 2012 sera forcément l’année de nos lascars. Ceux qui prendront le train en marche n’auront plus de place pour le festin au wagon restaurant.

Le meilleur disque de musique électronique de l’été est né dans une clinique spécialisée dans le hip-hop. Electronic Dream est l’œuvre d’Araabmuzik, producteur US originaire d’un pays d’Amérique centrale, information peu précise mais qui de toute façon ne sert pas à grand chose. Pas plus que de savoir que son vrai nom est Abraham Orellana et qu’il a travaillé pour des rappeurs comme Cam’ron et son groupe Dipset, ou encore Fabolous et Busta Rhymes.


 

Non, la vraie différence, c’est qu’Araabmuzik a tâté de la batterie dès l’âge de 3 ans et que par la suite, il est devenu pizzaiolo en chef de la MPC, ce sampler et boite à rythmes culte de la marque Akai. Comme en témoigne cette prestation étourdissante sur une scène new-yorkaise :

 

 


 

 

Sur Electronic Dream, Araabmuzik s’adonne à ses passions naturelles qu’il chouchoute, d’autant plus qu’il n’a aucun rappeur à contenter : le copier/coller au sample et la musique trance. Celle sur laquelle on danse les bras levés au ciel, bouché bée, comme si l’été durait toute la vie. Sans révolutionner ce genre vieux d’une bonne vingtaine d’étés, Araabmuzik en livre une vision pure, presque naïve, avec ces voix de filles perchées comme des Julee Cruise sous ecstas et ces synthés ramenés de teufs de gabbers hollandais.

 


 


 



 


 

A la fois mélancolique et euphorique, Electronic Dream porte en lui les promesses d’une nouvelle ère, d’une rave qui reste éveillée à jamais. Après le génial Clams Casino et l’intrigant Lil B, preuve est faite que le producteur hip-hop peut aussi sortir de l’ombre pour secouer le cocotier de la musique. Après le printemps arabe, préparez-vous à l’année Araabmuzik.


 

 

Pas plus tard qu’en juillet dernier, je vantais les mérites de The Weeknd et de son R&B gorgé de sexe et de substances prohibées. Les trois de Toronto ont profité des vacances de ce blog (de retour aujourd’hui, pimpant, bronzé et relooké express) pour publier le successeur de leur mirifique mixtape House of Balloons parue en début d’année, avec l’encore plus sublime Thursday qu’ils viennent juste de mettre en ligne gratuitement sur leur site.

On rappelle juste pour les fainéants qui ne voudront pas chercher dans l’historique des articles que The Weeknd (à prononcer et comprendre comme the weakened, soit les affaiblis), c’est une voix en plaqué or, Abel Tesfaye (né en 1990), associée à la patte de deux producteurs, Doc McKinney et Illangelo. En apéro de l’indispensable opération téléchargement de l’album, deux extraits des neuf titres prodigieux de Thursday qui ne vont pas arranger les affaires de la canicule. Du miel, des abeilles, et surtout, les piqûres qui vont avec. Thursday et sa soul languide et hautement inflammable sont à télécharger librement et sans crainte d’Hadopi sur le site de The Weeknd. Les réfractaires au téléchargment peuvent aussi l’écouter sur leur Soundcloud

Le monde entier semble s’en balancer et ça pour ça que j’ai envie de parler d’eux. En 2008, leur premier faux album, mais vrai gros EP, The Bake Sale, s’apparentait à une fontaine de Volvic tombée du ciel après un mois à errer dans le désert sans Ray Ban (un blog qui démarre a besoin d’appel du pied aux annonceurs, NDLR). Pourtant, comme The Clipse, les Cool Kids sont restés des seconds couteaux du hip-hop américain, qui leur préfère des gros bras tatoués pour les charts, et de bonnes vieilles grosses ficelles pour la street credibility (Odd Future et compagnie). Ils étaient pourtant l’alternative idéale. Et le restent encore avec leur nouvel album, When Fish Ride Bicycles.

 

The Cool Kids, c’est Antoine Reed alias Mikey Rocks et Evan Ingersoll alias Chuck Inglish, deux rappeurs de Chicago qui retrouvent de façon miraculeuse la fraicheur de l’âge d’or du hip-hop US. Ils aiment ces beats squelettiques qu’affectionnaient les pionniers et ont la tchatche facile, aussi nonchalante que rigolote. Annoncé dès la sortie de The Bake Sale, When Fish Ride Bicycles n’arrive qu’aujourd’hui mais peu importe car ses rimes sont intemporelles et sa portée universelle. Meilleur titre du lot, ce Swimsuits avec l’excellent soulman Mayer Hawthorne en invité pour un ensemble qui fleure bon le R&B réjouissant. Non à Ben. Mais un grand oui aux oncles Cool.

 

 

 

Comme disait Bernard Hinault ou un autre philosophe du XXe siècle : on ne va pas se mettre à réinventer la roue. Je vais cette fois écrire sur un coup de coeur dont j’ai déjà juste parlé. En avril dernier, je remerciais Didier Varrod de me permettre de passer du R&B dans feu sa magnifique émission de France Inter, Electron Libre. Pas question pour autant de trahir la confiance du patron : il s’agissait bien là de présenter les nouvelles directions prises par les musiques électroniques. Trois mois après, l’écoute de The Weeknd me renforce dans mon amour de ce groupe et conforte mon enthousiasme partagé sur nos ondes nationales. Au-delà du R&B, c’est aussi du sexe et de la drogue dans presque chaque ligne de basse, chaque ligne de baise dont il s’agit tout au long des neuf titres du mirifique album House of Balloons mis gratuitement en ligne sur son site par ce trio de Toronto en début d’année.

The Weeknd (à prononcer et comprendre comme the weakened, soit les affaiblis), c’est un chanteur, Abel Tesfaye (né en… 1990), et deux producteurs Doc McKinney et Illangelo. Plus proche de la vague chillhouse des Toro Y Moi, Memoryhouse et autres JJ que de Timbaland, The Weeknd s’appuie sur les codes de l’électronique maison à base d’electronica et de samples, pour servir une voix en or, suave comme un Craig David des grands jours. Si ce n’est que cette voix de velours parle sexe, dépravation et drogues, dans une atmosphère minimale et mélancolique. Quand The-Dream s’épanche sur ses conquêtes sexuelles, The Weeknd évoque le malaise de la société moderne sur le mode de l’introspection et de la déviance. Sur High for This, le chanteur propose de drôles de jeux sexuels à une fille. Sur Wicked Game, il étale toute la perte de confiance dans sa vie amoureuse.

Le titre Glass Table Girls qui reprend sur toute sa moitié un sample du Happy House des punks goths anglais de Siouxsie & the Banshees ne parle que de cocaïne… On pense à Salem qui aurait fait du R&B plutôt que du hip-hop gothique, on pense à un R Kelly enfermé dans sa camisole. On pense surtout qu’une fois de plus l’électronique a sauvé un genre musical de sa déprime, de sa mort annoncée.

L’album est à télécharger librement et sans menottes sur le site de The Weeknd

Les opposants au disque dur peuvent l’écouter sur leur Soundcloud

Certains appelleront ça de la witch house car c’est sûrement pas lui qu’on contactera pour la BO du prochain Dany Boon. On appellera ça juste de l’électronique au ralenti, à l’origine conçue pour accueillir des rimes hip-hop qui ne viennent pas, qui ne viendront jamais. Clams Casino, c’est Mike Volpe, étudiant en thérapie et producteur américain de 24 balais originaire du New Jersey. On lui doit les nappes évaporées pour le rappeur anglais Lil B et des productions aux beats lourds comme des Panzer pour Soulja Boy (All I Need) ou Havoc, rappeur du duo new-yorkais Mobb Deep. Ancien batteur et bassiste, il aime RZA et Black Dice, le hip-hop tortueux et le noise rock.

A signer sur le label Tri Angle, terre d’accueil du gratin witch house (Balam Acab, oOoOO), il brouillait forcément les pistes. Son Instrumental Mixtape sauvagement mise en ligne en mars dernier démontrait une richesse dans les recherches et une aptitude aux contrastes sonores sans égal. Il sample à tout va et se dit passionné de voix féminines comme Adele ou Björk. Pour le I’m God produit pour Lil B, il embarquait celle d’Imogen Heap de Just For Now. Son premier EP 5 titres baptisé Rainforest est effectivement un étrange voyage en forêt sous la pluie, à l’atmosphère grise et lourde, plus proche de Shackleton ou Boards of Canada que des Neptunes. Le Natural d’ouverture donne l’impression des Cocteau Twins venus au hip-hop à grands coupe de guns sur la tempe. Dany Boon non, mais pas impossible qu’on l’appelle pour un prochain Blair Witch Project.

DOWNLOAD GRATUIT : INSTRUMENTAL MIXTAPE

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