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C’est un commentaire d’une oreille éclairée sur Facebook qui a attiré mon attention. Il y était question de « post-dubstep ». Pourquoi pas ? Mais déjà, si vite on tourne la page d’un bouquin qui commence tout juste à s’écrire ? A l’écoute du nouveau EP du dénommé fLako, il serait peut-être plus juste de parler de post-hip-hop autant que de nu-acid-jazz. Ne partez pas, fLako mérite au final bien mieux que tout ça. Le garçon est né au Chili mais se partage entre Berlin et Londres, ce qui en fait l’un des meilleurs transfuges depuis Villalobos, mais dans un cercle à circonscrire entre les expérimentations de Flying Lotus et la grâce de James Blake.




Un morceau casé sur une compilation en 2008, un remix pour Robot Koch, et voilà fLako qui commence à produire ses premiers titres. Une trentaine de beats malpolis sont rassemblés en 2008 sur la mixtape First Spaceshit On The Moon. Puis sort en 2010 le EP Mini Tollbooth, suivi au printemps 2011 de son premier vrai album intitulé The Mesektet où il démontre pleinement tous ses talents de producteur. Beats lents et sensuels, samples au scalpel là où ses congénères attaquent au marteau-piqueur, fLako s’impose dans une veine qui rassemble l’electronica british et le hip-hop d’orfèvre de J Dilla. Le tout désormais sur le label berlinois Project: Mooncircle.




Avec le EP Carving Away The Clay qui parait ce mois-ci, fLako franchit une étape redoutable pour le producteur avec une voix, celle de Dirg Gerner, qui ose le déséquilibre sur le fil de son époque et la prise de risque soul comme à la manière de The Weeknd dont il a déjà été ici question. Après deux instrus intrigants et chamailleurs, fLako installe sur The Answer une intimité langoureuse et chatoyante qu’il fait suivre d’un Lonely Town tout autant époustouflant et lacrymal.

The Answer sur Soundcloud :



Réconcilier le do-it-yourself des samples et de la production electro avec la moiteur de la soul, soit d’Angelo et Four Tet assis dans un même canapé à siroter des Martini-gins, et si c’était ça la tendance forte et la bonne nouvelle polychrome de la prochaine décennie ? En tout cas, Laurent Garnier s’est déjà affirmé fan du gamin. T’inquiète, on est deux Lolo.

Certains appelleront ça de la witch house car c’est sûrement pas lui qu’on contactera pour la BO du prochain Dany Boon. On appellera ça juste de l’électronique au ralenti, à l’origine conçue pour accueillir des rimes hip-hop qui ne viennent pas, qui ne viendront jamais. Clams Casino, c’est Mike Volpe, étudiant en thérapie et producteur américain de 24 balais originaire du New Jersey. On lui doit les nappes évaporées pour le rappeur anglais Lil B et des productions aux beats lourds comme des Panzer pour Soulja Boy (All I Need) ou Havoc, rappeur du duo new-yorkais Mobb Deep. Ancien batteur et bassiste, il aime RZA et Black Dice, le hip-hop tortueux et le noise rock.

A signer sur le label Tri Angle, terre d’accueil du gratin witch house (Balam Acab, oOoOO), il brouillait forcément les pistes. Son Instrumental Mixtape sauvagement mise en ligne en mars dernier démontrait une richesse dans les recherches et une aptitude aux contrastes sonores sans égal. Il sample à tout va et se dit passionné de voix féminines comme Adele ou Björk. Pour le I’m God produit pour Lil B, il embarquait celle d’Imogen Heap de Just For Now. Son premier EP 5 titres baptisé Rainforest est effectivement un étrange voyage en forêt sous la pluie, à l’atmosphère grise et lourde, plus proche de Shackleton ou Boards of Canada que des Neptunes. Le Natural d’ouverture donne l’impression des Cocteau Twins venus au hip-hop à grands coupe de guns sur la tempe. Dany Boon non, mais pas impossible qu’on l’appelle pour un prochain Blair Witch Project.

DOWNLOAD GRATUIT : INSTRUMENTAL MIXTAPE

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