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Archives de Tag: ambient

Il fait froid, il fait gris, c’est la fête à la tristouille. Plutôt que de parler musique sur un blog, certains aux Etats-Unis préfèreront toujours se réfugier dans leur musique en solitaire. Et tant mieux pour tout le monde si certains ne sombrent pas dans la witch house ou la chillwave, à en croire la new-wave désincarnée produite par Arrange, jeune songwriter ascète qui embarque la pop neurasthénique de Postal Service sur les terres de l’ambient du label Kompakt. Malcolm Lacey vit pourtant en Floride mais son shoegazing de poche regarde plus ses sandales que le ciel bleu azur au-dessus des palmiers.

Bien que sa pop planante ne soit pas à certains moments exempte de quelques faiblesses presque adolescentes, Lacey fait preuve d’une finesse qui lui évite les couches et surcouches de peinture noire, et il utilise le piano à bon escient pour quelques moments majestueux. Avec son quatrième (!) album publié l’été dernier, Plantation, il séduit comme en leur temps Ulrich Schnauss, The Field ou The Sight Below, tous ces producteurs qui ont remplacé les touches noires et blanches de leur clavier par un gris dangereusement engourdissant.

 

 

 

 

 

En ce début 2012, l’infatigable Arrange vient de publier un EP 5 titres du nom de Five Years in the Sun. D’autres auraient appelé ça Seventeen Seconds en leur temps mais ça les regarde. Quant à pondre un disque de surf pop tropicale, Arrange laisse ça aux moussaillons des villes qui fantasment sur le sable chaud qu’ils ne verront pas avant des mois, et c’est tant mieux.

 

Les musiques électroniques sont encore capables de réserver leur  joli lot de surprises. Si j’étais patron d’une grosse boite du CAC 40, je dirais en d’autres termes que les indicateurs ne sont plus sous contrôle, que l’évolution du secteur est impossible à anticiper. C’est de Perth, étrange grande ville riche de l’ouest de l’Australie que débarque Andrew Sinclair, producteur électro pas vraiment porté sur le dancefloor, ce qui nous fait des vacances pour aujourd’hui. Son premier album Evil Summer porte bien son nom : pas question ici d’effusions amoureuses sous une lune des Baléares. Son été à lui est hanté et hypnotique, minimal et convulsif.

Comme s’il souhaitait composer la bande originale de sa lointaine contrée, Sinclair produit une musique solitaire aux accents mélancoliques, solaire et en même temps sous influence de la pleine lune dans le désert. Elle est aussi pleine d’une force terrienne quand elle s’enflamme ça et là de rythmiques tribales et d’éclairs afrobeat. Evil Summer est un album aussi primitif que moderne, fait d’un synthétisme lo-fi qui louche vers le psychédélisme noir, le drone de chambre,  le krautrock codé en 64 bits ou l’ambient pneumatique.

 

 

 

La musique d’Andrew Sinclair s’apparente à une expérience, à la fois fascinante, riche et  en dehors des sentiers battus du monde occidental, proche des travaux d’explorateurs sonores modernes comme Sun Araw. Par un étrange phénomène de dérives des continents, Sinclair sample sur un titre les Congolais de Konono n°1. Ici vous ne trouverez pas de trace de revival, juste de passionnantes expérimentations qui aboutissent à des brillantes découvertes à l’image des mines d’or qui entourent sa ville de Perth. Il ne se prénomme pas Brett et encore moins Anne mais ce nouveau Sinclair est un vrai Lord. Des musiques électroniques en tout cas.

Evil Summer est en téléchargement gratuit sur le Bandcamp d’Andrew Sinclair

Et en écoute, six morceaux d’Evil Summer dans un beau désordre




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