Elle est sibérienne, belle comme un bloc de glace et jusque-là, recouvrait les bons clubs (Panorama de Berlin, Fabric de Londres) de la lave de sa techno en fusion. Elle s’appelle Нина Кравиц mais je préfère vous la présenter sous le nom de Nina Kraviz. Le vendredi, vous pouvez la croiser derrière les platines du Propaganda à Moscou. Sinon, depuis 2009, cette DJette et productrice a aussi sorti une poignée de maxis particulièrement captivants (Pain in the Ass, I’m Week) sur le label Rekids des Britons de Radio Slave, sur le label Naïf de l’Allemand Efdemin, sans oublier un single en ping-pong avec Sascha Funke sur BPitch Control.

 

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Entre electro dark et tech minimale chantée, la petite Kraviz est depuis 2009 une fille qui apporte du sang neuf au genre. Sur son premier album tout bêtement intitulé Nina Kraviz  – toutes les preuves de mon enquête tendent à prouver que cette femme est restée extrêment simple au fond  –  tout juste sorti, elle assume de tourner le dos à la facilité. Exit les bombasses de singles qui ont fait sa réputation, tout juste y reprend elle le Ghetto Kraviz sorti fin 2011 où elle encanaille sa techno dans les bas-fonds du crunk.

Sur son album, pas d’usine à tubes : Nina Kraviz livre quatorze titres pour un résultat profond, dansant et vagabond qui en fait déjà l’une des fortes têtes tech à suivre cette année. Et pas juste parce qu’elle a grandi à Irkoutsk même s’il affirme une identité unique qui prend forcément sa source dans ses origines. Et le premier qui lui pose une question sur Lenny a droit à une baffe.

 

 


BLOUSE, fragile mais émouvante formation américaine de pop synthétique neurasthénique signée sur Subpop. De la Surpop en réalité.

Le week-end dernier, mission accomplie sur l’édition 2012 de la Route du Rock Hiver à Saint Malo avec les amis d’Arte Live Web pour raconter sur leur super site mon journal du festival :

JOUR 1 (VENDREDI 17 FEVRIER)

JOUR 2 (SAMEDI 18 FEVRIER)

Vu que Cannes remet ses Palmes, je me suis dit qu’il fallait que je décerne des Tubas à Saint Malo, juste par un palmarès qui clôture ici tout ce qui a déjà été montré et raconté sur le site tout en son et lumière de la chaîne franco-allemande.

Tuba d’or : Baxter Dury

Tuba du short en jean : Blouse

Tuba du béton armé : The Men

Tuba d’honneur « j’aurais moi aussi pu sortir avec Gwyneth mais j’ai des chansons à écrire » : Caveman

Tuba claudiquant sur le dancefloor : Get A Room!

Tuba spécial à ceux qu’on a pas vus mais qu’on a vus au Pulp, au Rex, et ailleurs plus que tous les autres artistes réunis : Scratch Massive.

Honneur au Tuba d’or avec son concert en intégralité sur  Arte Live Web :

http://download.liveweb.arte.tv/o21/liveweb/flash/player.swf?appContext=liveweb&eventId=3251&mode=prod&priority=one&embed=true

Il n’est jamais trop tard pour succomber aux sirènes des musiques électroniques. Surtout quand vous êtes américain. Notre homme a grandi à Washington où il a été guitariste du groupe punk hardcore Black Eyes qui s’est fait remarquer sur le légendaire label Dischord. Il a ensuite obliqué vers le disco post-punk avec le duo Mi Ami et dans l’electro en solo avec Sex Worker qui sortit deux albums sur Not Not Fun. Daniel Martin-McCormick revient tout seul sous une peau toute neuve et un blaze qui claque : Ital.

Il semble cette fois prendre sa nouvelle vie très au sérieux, à tel point que le premier album d’Ital parait sur le non moins sérieux label Planet Mu, généralement habitué aux expérimentations en tous genres, aux fortes têtes mais sans prise de tête. Avec Hive Mind, Martin-McCormick se fout pas mal des formats en livrant un album de cinq morceaux mais qui dépasse allègrement les 40 minutes. Autant dire que certaines de ses plages s’étirent jusqu’au soleil couchant, donnant à sa house hypnotique une sensation d’infini qui avait disparu du format album. Il est Ital. Eh ben franchement, qu’il le reste.

 

 

 

 

Et le clip d’un de ses singles de 2011, Only for Tonight

Bon là ça va commencer à ressembler à une blague. La semaine dernière je m’excite sur les 2 Bears en me disant que l’affaire est pliée, qu’on n’entendra plus parler de Hot Chip jusqu’à la sortie de leur cinquième album. Patatras… Voilà que déboule New Build. New Build ? Ben il fallait s’y attendre. Que vouliez-vous qu’il arrive pendant que Joe Goddard et Alex Taylor multipliaient les projets ? Les autres s’y sont mis aussi….

Profitant de leurs accointances avec le label DFA (LCD Soundsystem, James Murphy, The Juan McLean, The Rapture et compagnie) qui publie Hot Chip aux Etats-Unis, les deux patates Felix Martin et Al Doyle se sont acoquinées à Tom Hopkins, ingénieur du son de la maison new-yorkaise. Neo disco pop funk synthétique : ça fait déjà beaucoup et j’en dis pas plus. Le groupe a publié à l’automne son premier single, Misery Loves Company. Suite au prochain épisode avec l’album. Rien qu’avec ces insatiables chips, sûr qu’on ne va pas s’ennuyer en 2012.

Sampler 5 titres de l’album Yesterday Was Lived And Lost à paraitre début mars.

Bon Pitchfork vient d’en parler mais à la fois on s’en fout. Ce week-end j’avais autre chose à faire (dormir, ce genre de trucs) et Pitchfork, c’est en anglais. Tout ça pour en venir à John Talabot, dont l’album electro éclabousse du talent de son auteur et de sa beauté ce début février tout cold. John Talabot est un DJ et producteur house de Barcelone qui a sorti une poignée de maxis avant ce coup de maitre qui parait sur le label munichois Permanent Vacation que je pensais en retraite anticipée. Les puristes de la syntaxe ne m’en voudront pas si je ne cède pas aux coquetteries de la pochette en écrivant John/Talabot « John Talabot », et le nom de son album Fin au lieu de ƒIN.

Plus important, on se souvient de son nom derrière les remix de Find A Way de notre Joakim, du Shelter de The XX et de singles de Shit Robot et Tahiti 80. Ses débuts à lui remontent à 2009, avec les singles My Old School et surtout, Sunshine.

Avec Fin, Talabot a réussi un album de house qui ne sonne ni acid, ni rave, ni rétro, ni futuriste, ni rétro-futuriste – et encore moins nu-rave. Le gars a pris la chose là où quelques fainéants l’avaient laissée pour la propulser à sa sauce piquante dans une sphère fascinante, sans répétitions ni lourdeur, mais au contraire avec grâce et sens de la mélodie, comme chez ses amis londoniens de Border Community. On est loin de la deep au kilomètre, même si l’adjectif deep collerait parfaitement à Fin mais pour d’autres raisons. « Un nouveau Booka Shade ? » suggère de façon pas idiote du tout le quotidien The Guardian. Talabot rentre d’entrée dans la cour des très grands. Avec des minitubes, et un vrai album, ce qui n’est jamais gagné pour le genre. Et ça, c’est pas Pitchfork qui vous le dit.

Destiny feat. Pional

So will be now… (feat. Pional)

 

ET UN MIX TOUT CHAUD REALISE POUR FACT

Il y a quelques mois, je serinais mon monde avec les projets solo des gars de Hot Chip, sinon aussi indispensables que leur groupe, au moins très complémentaires et parfaites pistes d’entrainement pour leurs courses folles au sein des patates chaudes. Et voilà que cet arbre généalogique haut comme un séquoia de Californie compte une nouvelle branche avec les passionnants The 2 Bears, deux nounours derrière lesquels se cachent deux barbus : le compositeur et chanteur Joe Goddard, et Raf Rundell, son pote du label Greco-Roman. Pour la petite histoire, les ours furent au début trois avec Joseph Mount, pas encore occupé à s’agiter avec Metronomy.  Réservoir à toutes les idées de Goddard que le rythme d’un album tous les deux ans  pour Hot Chip  ne suffit à exploiter, The 2 Bears correspond à un projet clairement taillé pour le dancefloor, influencé par la house, l’electro funk et la pop décalée. Il n’en fallait pas plus pour que le vétéran big-beat Fatboy Slim ne s’emballe et signe le duo sur son label Southern Fried.

Après trois maxis en 2011, les nounours balancent en ce mois de janvier leur premier album, Be Strong, et c’est la grande fiesta décomplexée comme seuls les Anglais savent se le permettre. Les filles y dansent en robe courte dans la nuit enneigée, les mecs s’y lancent des pintes à la figure dans un grand éclat de rires. Piano italo entêtant, mélancolie à fleur de peau d’ours, ritournelles imparables où Baxter Dury se trémousse dans un pub sur du Derrick Carter : c’est bon enfant, craquant comme un petit Ours Brun, doux comme un nounours à la guimauve. C’est la meilleure nouvelle pour démarrer l’année, d’autant qu’elle coïncide avec l’annonce d’un cinquième album de Hot Chip d’ici l’été. Que demande le peuple ? Rien, juste qu’on embrasse la Reine pour la remercier de la bonté de ses concitoyens.

Et magie de Soundcloud, l’album Be Strong

Et une sélection de leurs fantasques remixes

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