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Alors oui il ne s’est pas passé grand chose sur ce blog depuis presque un mois. La faute à des occupations prenantes (des festivals, le contrôle technique de la Fuego, le foot, tout ça quoi) mais aussi à une actualité musicale moins excitante que durant les mois précédents. Face à la demande générale, il fallait donc revenir, d’autant que personne n’a aussi brillamment occupé le terrain. Et qu’un de mes groupes préférés a ressurgi sans crier gare. Groupe de l’ombre, ce groupe est un groupe d’ombres : Tropic of Cancer.

Avec son nouveau EP trois titres, Permissions of Love, le duo de Los Angeles poursuit dans la veine froide, industrielle et répétitive qu’il suit depuis 2009 et son premier single, The Dull Age / Victims qu’on retrouve sur leur album compilation The End of All Things. Tropic of Cancer, c’est avant tout l’artiste Camelia Lobo aidée du musicien Juan Mendez, connu comme producteur sous le nom de Silent Servant et au sein du collectif techno Sandwell District. Mais avec Tropic of Cancer, pas question de danser, ou alors avec les zombies de The Walking Dead. Pochettes sinistres comme aux premiers jours de Factory Records ou 4AD, boites à rythmes désespérantes, basses répétitives comme pendues au bord d’un canal : on croirait un Suicide sous Valium ou un Sunn 0))) enfin dans la parité homme / femme.

Be Brave demeure l’un des singles marquants de 2011 et certainement la meilleure porte d’entrée à l’univers sombre de Tropic of Cancer, avec aussi Temporal Vessels, titre extrait de leur EP The Sorrow of Two Blooms.

Puisqu’on parle nouveautés, voici deux extraits du nouveau EP Permissions of Love. Tous les nostalgiques de la vague cold industrielle des années 80, du All Cats Are Grey de The Cure et en même temps, allergiques aux sorcières à la Zola Jesus devraient y trouver leur bonheur. C’est post-punk, c’est sombre, c’est revival tout ce que tu veux, mais leurs chansons sont dans le genre ce qui s’est fait de plus fascinant depuis le nouveau siècle.

En prime un mix de plus d’une heure realisé par Tropic of Cancer où se croisent Oneohtrix Point Never, Julee Cruise et The Cure. Plus cold t’es un esquimau. En même temps avec eux, faut pas plaisanter avec ça.

BLOUSE, fragile mais émouvante formation américaine de pop synthétique neurasthénique signée sur Subpop. De la Surpop en réalité.

Le week-end dernier, mission accomplie sur l’édition 2012 de la Route du Rock Hiver à Saint Malo avec les amis d’Arte Live Web pour raconter sur leur super site mon journal du festival :

JOUR 1 (VENDREDI 17 FEVRIER)

JOUR 2 (SAMEDI 18 FEVRIER)

Vu que Cannes remet ses Palmes, je me suis dit qu’il fallait que je décerne des Tubas à Saint Malo, juste par un palmarès qui clôture ici tout ce qui a déjà été montré et raconté sur le site tout en son et lumière de la chaîne franco-allemande.

Tuba d’or : Baxter Dury

Tuba du short en jean : Blouse

Tuba du béton armé : The Men

Tuba d’honneur « j’aurais moi aussi pu sortir avec Gwyneth mais j’ai des chansons à écrire » : Caveman

Tuba claudiquant sur le dancefloor : Get A Room!

Tuba spécial à ceux qu’on a pas vus mais qu’on a vus au Pulp, au Rex, et ailleurs plus que tous les autres artistes réunis : Scratch Massive.

Honneur au Tuba d’or avec son concert en intégralité sur  Arte Live Web :

http://download.liveweb.arte.tv/o21/liveweb/flash/player.swf?appContext=liveweb&eventId=3251&mode=prod&priority=one&embed=true

Rien n’oblige à faire des bilans de l’année, on n’est pas là pour parler contrôle technique. Mais rien n’interdit de se retourner une dernière fois sur les douze derniers mois afin de mieux se consacrer à la nouvelle année qui se présente. Voici dans un beau désordre alphabétique les 10 albums qui m’auront marqué et qui ont marqué cette année par leur audace, leurs recherches et souvent, leur simplicité. Je dis bien désordre car un classement n’aurait franchement pas grand sens. Ici c’est plutôt l’école des fans de Jacques Martin : tous premiers. Puis une liste illimitée même si non exhaustive de tous ceux qui ont fait l’objet d’écoutes incessantes et d’amours non imaginaires. Pas tous des chefs d’oeuvre, mais tous avec leur petit lot de morceaux remarquables. Les albums dont il a été ici question après la naissance du blog ont même droit à leur petit nom en gras avec le lien vers l’article. Un vrai bilan plein de stock options, de dividendes, d’actionnaires aux anges et de triple A qui ont tous contribué à se sentir better. A l’année prochaine.

Balam Acab – Wander / Wonder

James Blake – James Blake

John Maus – We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves

Metronomy – The English Riviera

Mohini Geisweiller – Milk Teeth

Nicolas Jaar – Space Is Only Noise

Other Lives – Tamer Animals

SBTRKT – SBTRKT

The Weeknd – House of Balloons

 

Water Borders – Harboured Mantras

Tous les albums qui suivent méritent une citation tant ils ont tourné et tourné toute l’année. Là encore pas question de les classer ni même de les compter, mais ils ont compté et pas pour du beurre. Pas question donc de les passer sous silence ni de les faire taire. D’ailleurs, leurs auteurs sont priés de bosser gentiment à leur suite.

2562 – Fever Addendum

A$AP Rocky – LIVELOVEA$AP

About Group – Start & Complete

Active Child – You Are All I See

Africa Hi-Tech – 93 Millions Miles

 Agoria – Impermanence

Alias – Fever Dream

Alister – Double Détente

Amen Dunes – Through Donkey Jaw

Andrew Sinclair – Evil Summer

Andy Stott – We Stay Together / Passed Me By

Apparat – The Devil’s Walk

Araabmusik – Electronic Dream

Austra – Feel It Break

Battant – As I Ride With No Horse

Baxter Dury – Happy Soup

Black Lips – Arabia Mountain

Blood Orange – Coastal Grooves

Blouse – Blouse

BNJMN – Black Square

Bodies of Water – Twist Again

Burial – Street Halo EP

Cat’s Eyes – Cat’s Eyes

 Cheveu – 1000

Clams Casino – Insrumentals

Class Actress – Rapprocher

Colin Stetson – New History Warfare Vol. 2: Judges

Cults – Cults

Daft Punk – Tron Legacy

Das Racist – Relax

 Demdike Stare – Elemental Partis 1 & 2

Dirty Beaches – Badlands

Discodeine – Discodeine

Drake – Take Care

DyE – Taki 183

Etienne Jaumet – Night Music

fLako – The Mesesktet

Ford & Lopatin – Channel Pressure

Four Tet – Fabriclive 59

Future Islands – On The Water

 Gang Gang Dance – Eye Contact

Girls – Father, Son , Holy Ghost

Grimes – Geidi Primes

Gruff Rhys – Hotel Shampoo

Gui Boratto – III

Gus Gus – Arabian Horse

 Hercules & Love Affair  – Blue Songs

Herman Düne – Strange Moosic

James Ferraro – Far Side Virtual

James Pants – Love Crafts

James Teej – Evening Harvest

Jamie Woon – Mirrorwriting

Jay Z & Kanye West – Watch The Throne

JJ – Kills

Joakim – Nothing Gold

John Praw – John Praw

Justice – Audio, video, disco

Kate Bush – 50 Words for Snow

Kate Wax – Dust Collision

Katy B  On A Mission

King Midas Sound – Without You

Knxwledge  Old Klouds 

Korallreven – An Album By Korallreven

Lights – Siberia

Lil B – The Silent President

Low – C’mon

Lumerians – Transmalinnia

M83 – Hurry Up, We’re Dreaming

Magazine – No Thyself

Martyn – Ghost People

Mayer Hawhtorne – How Do You Do

Mint Julep – Save Your Season

Modeselektor – Monkeytown

Mr.Oizo – Stade 2

Mustang –  Tabou

Neon Indian – Era Extraña

Nguzunguzu & Total Freedom & Kingdom – The Claw

Nicola Roberts – Cinderella’s Eyes

Omar S – It Can Be Done But Only I Can Do It

 Orval Carlos Sibelius – Recovery Tapes

Pallers – The Sea of Memories

Panda Bear – Tomboy

Para One & San Serac – Slice & Soda

Pinch & Shackleton – Pinch & Shackleton

Rainbow Arabia – Boys And Diamonds

Rebolledo – Super Vato

Rihanna – Talk That Talk

Robot Koch – The Other Side

Roly Porter – Aftertime

 Ruede Hagelstein – Soft Pack

Rustie – Glass Swords

Salem – King Night

 Sandwell District – Feed Forward

Scratch Massive – Nuit de rêve

Sepalcure – Sepalcure

Shabazz Palaces – Black Up

Shimmering Stars – Violent Hearts

Shlohmo – Bad Vibes

Sleep ∞ Over  – Forever

Slove – Le Danse

St Vincent – Strange Mercy

Stimming – Liquorice

Sun Araw – Ancient Romans

Sun Glitters – Everything Could Be Fine

Tamaryn – The Wave

The Antlers – Burst Apart

The Black Lips – El Camino

The Fall – Ersatz G.B.

The Feelies – Here Before

The Field – Looping State of Mind

The Juan McMean – Everybody Get Close

The Rapture – In The Grace Of Your Love

The Soft Moon – The Soft Moon

The Weeknd – Thursday

Thee Oh Sees – Carrion Crawler / The Dream

Timber Timbre – Creep On Creepin’ On

Toro Y Moi – Underneath The Pine

Tropic of Cancer – The End of All Things

Troy Pierce – Voodoovoodoo

Twin Sister – In Heaven

Tycho – Dive

U.S Girls – U.S Girls on Kraak

Unknown Mortal Orchestra – Unknown Mortal Orchestra

Vinyl Williams – Unrereleased

Walls – Coracle

Warm Ghost – Narrows

Zomby – Dedication

ZZT – Partys Over Earth

Quel bonheur de se retrouver après ces deux semaines d’absence ! Et quoi de mieux qu’une étonnante jeune fille capable de réconcilier pop lo-fi, trifouillages électroniques, new-wave et mélodies sixties du bonheur pour relancer la machine ? Derrière le nom au pluriel de U.S. Girls se cache en réalité la seule Meghan Remy, vraie fille et vraie Américaine.





A l’actif de cette blonde qui ne compte pas pour des prunes, déjà deux albums obscurs et bordéliques, ainsi qu’un single partagé avec le lonely surf rocker Dirty Beaches. C’est bruyant, culotté et bordélique, comme si Nancy Sinatra dictait ses recettes à Throbbing Gristle en charge des fourneaux. D’autres fois, on pense à un pont étonnant reliant les Raincoats à Fever Ray, ou à Austra fumant un joint dans un studio de Kingston. Sur scène, elle joue seule, sans filet avec son matériel parfois juste posé par terre.




Son troisième album parait ce mois-ci et c’est un sacré coup de cœur, le genre de disque suffisamment varié et mature pour que je lui accorde toute ma confiance. Il s’appelle tout bêtement U.S. Girls on Kraak car il est publié sur le label indépendant Kraak pour la première et à priori la dernière fois, vu que la jeune fille a rejoint l’écurie britannique Fat Cat pour la suite de sa prometteuse carrière.
U.S. Girls on Kraak révèle d’époustouflants progrès en matière de production et d’accessibilité au plus grand nombre d’oreilles. Meghan Remy s’affirme comme une compositrice unique et douée, ouverte à tous les vents musicaux, y compris le R&B avec une accaparation personnelle et craquante de The Boy is Mine de Brandy & Monica.


Pour être complet et au clair de la rubrique people, Meghan est à la ville la petite amie de Slim Twig alias Max Turnbull, dandy pop rock qui prépare un concept album autour de leur couple et qui a coproduit U.S. Girls on Kraak.

Mais U.S. Girls reste bel et bien le projet de la seule Meghan. Sur la foi du seul morceau The Island Song, j’ai décidé de la rebaptiser son nom en The XXL histoire de lui faciliter la vie sur Google. De rien Meghan.


U.S. Girls et Slim Twig en concert à Paris à l’Espace B, vendredi 25 novembre 

S’il ne s’est rien passé sur ce blog depuis déjà plus d’une semaine, ce n’est pas par fainéantise (pas du tout) mais par manque de temps (un peu) et d’envie musicale (surtout). J’ai même écrit sur un groupe australien que j’adorais mais dont le nouvel album s’est finalement révélé après réécoute pas du tout à la hauteur de l’attente. Du coup, auto-censure et article bloqué. Rien ne sert de s’obliger à publier si on n’est pas content de faire partager un truc qu’on aime vraiment, ici, on n’est pas dans la presse : zéro contrainte.  Du coup, rien de neuf ces temps-ci du fait d’une actu molle du bulbe, coincée du slip. A part qu’aujourd’hui, une nouvelle que j’attends depuis des mois. Retour vers le passé de demain, retour du blog, et retour d’une légende que je n’ai jamais cessé d’aimer : Magazine.

 

 

Groupe post-punk né d’un coup de folie de Howard Devoto après son départ des Buzzcocks, un autre groupe majeur que j’ai beaucoup (vraiment beaucoup) écouté par le passé mais qui n’ pas passé le nouveau siècle avec mes oreilles, la faute à un moteur à propulsion nourrie d’une sève adolescente désormais obsolète. A l’inverse de Magazine qui a d’emblée démarré avec un propos adulte, des contortions d’un Howard Devoto fantasque et arty à cette urgence froide qui a rapidement laissé la place à une mélancolie inconsolable. Le tout sans jamais tomber dans les clichés des cinq années de sa courte existence : 1977-1981. Magazine, un groupe à part et rare qui a eu le bon goût de la fermer quand il n’avait plus rien à dire.

 

 

Magazine ou une sorte de Roxy Music avec au chant un punk qui n’avait même pas besoin de s’enlaidir, un rock redevenu progressif (comme celui qu’ils étaient censés balayer) après le cul de sac musical du Do It Yourself, un groupe imprévisible dont j’aime même les albums décriés par la critique de l’époque comme Secondhand Daylight et Magic, Murder & the Weather. C’est d’ailleurs  de cet ultime disque de 1981 (putain 30 ans…) dont No Thyself, ce petit nouveau, se rapproche le plus. Normal, le clavier Dave Formula occupe le devant de la composition et inflige ses incroyables nappes flottantes en vitrine depuis la réouverture en 2009. Un nouvel album était en préparation, les premiers live rassuraient.

 

 

2011 : No Thyself sort le 24 octobre sur le propre label du groupe, Wire-Sound sur lequel il est possible de le commander. Magazine a quasiment retrouvé son line-up avec le défunt guitariste John McGeoch remplacé par Norman Fisher-Jones, artilleur de luxe chez Cure, Adam & the Ants et toute une tripotée de groupes new-wave de seconde zone, mais surtout, comparse de Devoto au sein du mésestimé duo electo-pop Luxuria (à découvrir The Beast Box is Dreaming). Si Dave Formula retrouvait ses claviers, la basse allait à Jon « Stan » White qui palliait ainsi le départ de Barry Adamson, une nouvelle fois happé par des projets solo juste après les retrouvailles de 2009.

 

Alors j’aimerais bien vous faire partager No Thyself mais rien n’a encore été posté par le groupe ou les fans sur les sites de vidéos. Du coup, je vais être obligé de vous raconter. « Oh non… ». Mais si. Il faut savoir que le début du disque ne le sert que très peu. Le Do The Meaning d’ouverture doit sûrement sa place à cette guitare jouée avec des moufles comme s’il faisait froid au pays du grunge. Peu importe car dès Other Thematic Material, la magie Magazine opère de nouveau avec ces giclées de synthés qui font franchir l’espace-temps. Magie et temps, pas besoin de meurtre. Il arriverait presque pourtant avec les synthés de The Worst of Progress qui dévalent les sommets de Shot By Both Sides en marche arrière. (Hello Mister Curtis) With Apologies ralentit la lecture du Magazine avec une guitare chaloupée qui entraîne dans un reggae aussi irradié qu’une baraque à frites de Fukushima. Le voici dans une version live enregistrée en juin 2011.


A la suite, Physics est une tentative réussie de Devoto de se transformer en crooner du troisième type. Fantomas avait des fans, pourquoi pas lui ?


Happening in English entame la face B (on reprend les choses en 1982, n’oublions pas) en remettant du charbon dans la chaudière, ce qui plait au guitariste qui se rapproche enfin de l’imitation idéale de McGeoch circa 79. En revanche, sur Holy Dotage, il prend une assurance inutile et on voit ainsi Magazine flirter avec un heavy rock qui ne lui sied guère, sauf quand Devoto parvient à ouvrir une soupape de sécurité inattendue en plein refrain. Et là, on arrive au clou du disque, ce Of Course Howard (1978) en forme de ballade aussi elliptique que son titre. C’est beau, majestueux, secret. Devoto semble livrer les clefs de son coffre fort si ce n’est que la lumière est éteinte et qu’on n’en saura jamais plus sur le contenu. Bien joué. La guitare s’offre un solo osé qui lui aurait valu l’échafaud en 1978. A la suite Final Analysis Waltz demeure aussi ambigüe que son titre : pas vraiment une valse, pas vraiment la fin, pas non plus d’analyse très probante si ce n’est que Devoto presque en larmes n’a toujours pas fini la sienne, d’analyse. L’album se clôt sur The Burden of a Song, belle chevauchée fantastique où un piano se tire la bourre avec des synthés sans que Devoto ne fasse un choix dans ces primaires. C’est classe. C’est Magazine. On ne passera même pas sur le morceau bonus qui contrairement à tous les morceaux bonus vaut quand même l’écoute, ne serait-ce que pour le refrain où Devoto se retourne sur son passé, « When I was searching for myself« . Laisse tout tomber coco, tu t’es trouvé.



Bilan de No Thyself : sûrement pas le meilleur album de Magazine et bien évidemment son pire, mais on s’en doutait du fait de la brillance et de la fulgurance d’une discographie juste parfaite.Il se place néanmoins au-dessus de la mêlée actuelle tant son fourmillement d’idées lui donne des longueurs d’avance sur pas mal de gens de notre époque. De toutes les reformations dont on n’a jamais attendu grand chose (Gang Of Four, Pixies, etc la liste est aussi longue que celle des musiciens devant payer les traites de ravalement du chateau et des pensions alimentaires), ils sont ceux qui s’en tirent le mieux. Normal, ils sont partis trop tôt et ont laissé un héritage monumental que personne n’a osé toucher, même avec des pincettes.

En vidéo pour tous ceux qui ont été suffisamment patients pour tenir jusqu’ici, un medley tout vilain annonçant la sortie de No Thyself avec quelques bribes de ce nouveau disque. Si j’évoquais des Songs From Under the Floorboards en imaginant les chansons qui allaient faire vivre ce blog, c’est pas pour des prunes. Magazine y aura toujours sa place.



NO THYSELF 

1. Do the Meaning

2. Other Thematic Material

3. The Worst of Progress…

4. Hello Mister Curtis (With Apologies)

5. Physics

6. Happening in English

7. Holy Dotage

8. Of Course Howard (1979)

9. Final Analysis Waltz

10. The Burden of a Song

11. Blisterpack Blues

 


Souvent je m’écharpe avec mon ami marseillais Bobby Hardcore de Spirit of Eden. Et je ne parle même pas de nos discussions stériles sur le foot. Non, je parle de tenter de définir cette notion de bonne musique. Personne ne peut être d’accord avec personne sur le sujet, bien évidemment. Vu que Bobby est assez porté sur un éternel âge d’or du post-punk et de la new-wave que les moins de vingt ans n’ont pas connu, ses brillantes découvertes me laissent parfois perplexes, au moins à la première écoute, la faute à de bonnes chansons malheureusement souvent masquées par des écrans de fumée trop datés, trop de tics et de toc qui paraissaient déjà éculés à l’époque. Nos jeunes artistes y ressemblent à des Hibernatus qui n’auraient pas vu la lumière depuis les années 80. Exemple avec cette chanson des Mancuniens d’O.Children que je n’ai vraiment aimée qu’en découvrant sa version acoustique…

 

 

… qui m’a enfin permis de fondre d’amour à posteriori pour l’original.

 

 

Mais je m’égare. L’inconnu qui nous intéresse aujourd’hui s’appelle Tunnels, est américain, et semble avoir passé sa vie dans les catacombes. Ca, c’est pour la première écoute. En se replongeant dans les entrailles du monstre, les chansons se dessinent et apparaissent enfin, sans leur inexorable datation au Carbone 14. Basé à Portland, Oregon, Tunnels est le projet solitaire de Nicholas Bindeman, de l’excellent groupe psyché Eternal Tapestry, également guitariste de l’étonnant ovni indie expérimental Jackie-O Motherfucker.

 

 

Comme replié sur lui-même avec son congélateur à idées et son chat noir comme seul copain, Bindeman semble réduire ses velléités de recherches à une exploration en règle de ses obsessions pour les années 80. A la manière de Blank Dogs, son voyage en solitaire est une quête d’un Graal claustrophobe au pays du Cure des débuts, de Ian Curtis et des balbutiements de la cold-wave synthétique.

 

 

Sa biographie cite carrément les pionniers indus Charles de Goal, Crash Course in Science et Throbbing Gristle, que la profession de batteur ne remercie pas depuis cette époque tant ils ont oeuvré pour la promotion de la boite à rythmes. On se permettra d’ajouter Suicide, Crisis, Sisters of Mercy (Red Road, Dead Ringers) voire même le chant convulsif de Theo Hakola (Deux). Alors, des candidats pour un retour vers le futur 80’s, pas trop en Delorean mais plutôt en tenue d’égoutier pour visiter les recoins obscurs de la Batcave ?

 

 

 

 

 

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