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Bon les gars, je sais que la vie est dure et que vous n’avez pas que ça à faire mais ce serait bien de se remuer un peu les méninges pour trouver des noms qui claquent. Je sais pas moi, d’ailleurs c’est pas mon boulot, mais dans le temps on avait des Aphex Twin, Circlesquare, Squarepusher, même Fatboy Slim, ça avait de la gueule. Alors si vous avez des noms à la ville tout pourris qui faisaient rire à l’école, je comprends que vous preniez un pseudo. Mais par pitié, arrêtez avec les XXYY, BVDUB, The XX, 2562, oOooO, Alt-J et compagnie. Ou alors on vous retire vos claviers et vous vous remettez à la craie et l’ardoise. Celui dont il est question ici s’appelle XXYYXX et il semble avoir choisi ce nom pour ses possibilités visuelles au vu de ses jolies pochettes.

Il a 16 ans et s’appelle en réalité Marcel Everett, même que Marcel Everett c’était très bien comme nom, faudrait lui dire. Il vit à Orlando en Floride, ville inexistante où l’on compte plus de dauphins dans les parcs d’attraction que d’habitants. D’ailleurs il n’y a même pas la mer à Orlando. Dans sa chambre, il construit des fondations hip-hop pour faire rapper ses voisins dauphins, une electro mélancolique à la fois pleine de visions de joie contenue et de moments de belle tristesse. Son nouveau mini-album, Mystify, suit de près son deuxième album  XXYYXX  après un tout premier paru l’été dernier, Still Sound. Pas vraiment witch house (en dépit de l’esthétique goth) ni trop chillwave (malgré le bricolage fait maison) pour utiliser des termes du néolithique de 2011, son électronique se fait parfaitement abstraite mais à dimension humaine, immédiatement préhensible, le tout sur un label du coin, Relief in Abstract.

 

Et de toute façon, un gars qui appelle un de ses morceaux Bill Gates peut compter toute sa vie sur ma sympathie indéfectible.

Son nouvel album s’appelle Lifetime of Romance. A quelques lettres près, on tombait sur Systems of Romance, comme chez Ultravox. Le premier morceau démarre même comme le vieux tube de Visage, Fade to Grey. Pourtant, dès que Dylan Ettinger se met à chanter, ses vieux démons de l’expérimental lui resserrent le kiki. Voix écorchée, martiale et aigue, si on est dans les années 80, c’est plus dans l’electro industrielle rasée de près que dans la pop néo-romantique des garçons coiffeurs. Après de nombreuses cassettes et une poignée d’albums, Lifetime of Romance amorce bel et bien un virage pop bienvenu qui devrait enfin sortir notre nerd américain des voix impénétrables de l’underground américain.

C’est dans la jolie petite ville étudiante de Bloomington, Indiana, que vit Ettinger au milieu de tous ses synthés. Le jeune binoclard y produit de drôles de paysages lunaires où une pluie d’astéroïdes vont tombent vite sur la caboche. Hébergé par Not Not Fun Records (Peaking Lights, Maria Minerva, Pocahaunted, Holy Strays…), fantasque label indépendant de Los Angeles qui n’a pas peur de marier bizarreries électroniques et psychédélisme, Ettinger y cultive sa différence de façon prodigieusement radicale. Un jeune qui a repris le cultissime Being Boiled de The Human League sur son excellent single de 2011 Lion of Judah touche forcément au génie.

Sur Lifetime of Romance, Ettinger ne va pas rassurer la ménagère de plus de cinquante ans mais celle-ci lui confiera peut-être plus facilement les oreilles de sa fille. A l’image du premier extrait, Wintermute, l’album dégage en tout cas une singularité et une capacité d’envoutement rarement réunies sur une seule œuvre cette année.  Il est à la fois Vangelis et Kraftwerk à lui tout seul. L’une de ses grandes cassettes à écouter une fois que vous vous pencherez sur son œuvre s’appelle Interstellar Pleasures et franchement, j’aurais pas dit mieux. D’ailleurs, j’y retourne.

BLOUSE, fragile mais émouvante formation américaine de pop synthétique neurasthénique signée sur Subpop. De la Surpop en réalité.

Le week-end dernier, mission accomplie sur l’édition 2012 de la Route du Rock Hiver à Saint Malo avec les amis d’Arte Live Web pour raconter sur leur super site mon journal du festival :

JOUR 1 (VENDREDI 17 FEVRIER)

JOUR 2 (SAMEDI 18 FEVRIER)

Vu que Cannes remet ses Palmes, je me suis dit qu’il fallait que je décerne des Tubas à Saint Malo, juste par un palmarès qui clôture ici tout ce qui a déjà été montré et raconté sur le site tout en son et lumière de la chaîne franco-allemande.

Tuba d’or : Baxter Dury

Tuba du short en jean : Blouse

Tuba du béton armé : The Men

Tuba d’honneur « j’aurais moi aussi pu sortir avec Gwyneth mais j’ai des chansons à écrire » : Caveman

Tuba claudiquant sur le dancefloor : Get A Room!

Tuba spécial à ceux qu’on a pas vus mais qu’on a vus au Pulp, au Rex, et ailleurs plus que tous les autres artistes réunis : Scratch Massive.

Honneur au Tuba d’or avec son concert en intégralité sur  Arte Live Web :

http://download.liveweb.arte.tv/o21/liveweb/flash/player.swf?appContext=liveweb&eventId=3251&mode=prod&priority=one&embed=true

Bon là ça va commencer à ressembler à une blague. La semaine dernière je m’excite sur les 2 Bears en me disant que l’affaire est pliée, qu’on n’entendra plus parler de Hot Chip jusqu’à la sortie de leur cinquième album. Patatras… Voilà que déboule New Build. New Build ? Ben il fallait s’y attendre. Que vouliez-vous qu’il arrive pendant que Joe Goddard et Alex Taylor multipliaient les projets ? Les autres s’y sont mis aussi….

Profitant de leurs accointances avec le label DFA (LCD Soundsystem, James Murphy, The Juan McLean, The Rapture et compagnie) qui publie Hot Chip aux Etats-Unis, les deux patates Felix Martin et Al Doyle se sont acoquinées à Tom Hopkins, ingénieur du son de la maison new-yorkaise. Neo disco pop funk synthétique : ça fait déjà beaucoup et j’en dis pas plus. Le groupe a publié à l’automne son premier single, Misery Loves Company. Suite au prochain épisode avec l’album. Rien qu’avec ces insatiables chips, sûr qu’on ne va pas s’ennuyer en 2012.

Sampler 5 titres de l’album Yesterday Was Lived And Lost à paraitre début mars.

Il y a quelques mois, je serinais mon monde avec les projets solo des gars de Hot Chip, sinon aussi indispensables que leur groupe, au moins très complémentaires et parfaites pistes d’entrainement pour leurs courses folles au sein des patates chaudes. Et voilà que cet arbre généalogique haut comme un séquoia de Californie compte une nouvelle branche avec les passionnants The 2 Bears, deux nounours derrière lesquels se cachent deux barbus : le compositeur et chanteur Joe Goddard, et Raf Rundell, son pote du label Greco-Roman. Pour la petite histoire, les ours furent au début trois avec Joseph Mount, pas encore occupé à s’agiter avec Metronomy.  Réservoir à toutes les idées de Goddard que le rythme d’un album tous les deux ans  pour Hot Chip  ne suffit à exploiter, The 2 Bears correspond à un projet clairement taillé pour le dancefloor, influencé par la house, l’electro funk et la pop décalée. Il n’en fallait pas plus pour que le vétéran big-beat Fatboy Slim ne s’emballe et signe le duo sur son label Southern Fried.

Après trois maxis en 2011, les nounours balancent en ce mois de janvier leur premier album, Be Strong, et c’est la grande fiesta décomplexée comme seuls les Anglais savent se le permettre. Les filles y dansent en robe courte dans la nuit enneigée, les mecs s’y lancent des pintes à la figure dans un grand éclat de rires. Piano italo entêtant, mélancolie à fleur de peau d’ours, ritournelles imparables où Baxter Dury se trémousse dans un pub sur du Derrick Carter : c’est bon enfant, craquant comme un petit Ours Brun, doux comme un nounours à la guimauve. C’est la meilleure nouvelle pour démarrer l’année, d’autant qu’elle coïncide avec l’annonce d’un cinquième album de Hot Chip d’ici l’été. Que demande le peuple ? Rien, juste qu’on embrasse la Reine pour la remercier de la bonté de ses concitoyens.

Et magie de Soundcloud, l’album Be Strong

Et une sélection de leurs fantasques remixes

Celui-là n’aurait pu avoir sa place ici que pour le plaisir de citer son nom. Pariah Carey. Je sais pas toi mais moi, j’adore. Derrière ce calembour se cache Jheri Evans, un jeune parmi tant d’autres de la bourgade de Wilmington. Wilmingquoi ? Wilmington, Caroline du Nord, bled paumé entre Charleston et Jacksonville. Rien à faire de ses après-midi à part s’exciter sur sa console de jeux, puis trainer à la boutique de disques locale, Gravity Records. Et revenir s’enfermer dans sa piaule pour débiter à la chaine des morceaux destinés à d’hypothétiques disques qui ne se vendront jamais.

Un premier EP début 2011, City of Ash. Un autre en octobre 2011 dont les titres samplent des musiques de jeux vidéo. Une cassette 2 titres nommée Haokah parce que les cassettes c’est cool, et s’inspirer des BO de science-fiction c’est übercool. Et puis 2012 et ce nouvel EP baptisé Rhizome, dont chaque titre sample un vieux sermon d’église. 5 titres joueurs emballés dans une pochette qui aurait pu être dessinée par les petits enfants des papys de Kraftwerk. Et les morceaux ? Parfaits pour illustrer la musique du bibliobus qui aurait circulé dans les rues du Los Angeles de Bladerunner. Passe quand tu veux à la maison petit, la PS2 sera toujours branchée pour toi.

Les 5 titres du Rhizome EP

Le Galactic Straw Destroyer mix  

Et deux anciens morceaux

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Il fait froid, il fait gris, c’est la fête à la tristouille. Plutôt que de parler musique sur un blog, certains aux Etats-Unis préfèreront toujours se réfugier dans leur musique en solitaire. Et tant mieux pour tout le monde si certains ne sombrent pas dans la witch house ou la chillwave, à en croire la new-wave désincarnée produite par Arrange, jeune songwriter ascète qui embarque la pop neurasthénique de Postal Service sur les terres de l’ambient du label Kompakt. Malcolm Lacey vit pourtant en Floride mais son shoegazing de poche regarde plus ses sandales que le ciel bleu azur au-dessus des palmiers.

Bien que sa pop planante ne soit pas à certains moments exempte de quelques faiblesses presque adolescentes, Lacey fait preuve d’une finesse qui lui évite les couches et surcouches de peinture noire, et il utilise le piano à bon escient pour quelques moments majestueux. Avec son quatrième (!) album publié l’été dernier, Plantation, il séduit comme en leur temps Ulrich Schnauss, The Field ou The Sight Below, tous ces producteurs qui ont remplacé les touches noires et blanches de leur clavier par un gris dangereusement engourdissant.

 

 

 

 

 

En ce début 2012, l’infatigable Arrange vient de publier un EP 5 titres du nom de Five Years in the Sun. D’autres auraient appelé ça Seventeen Seconds en leur temps mais ça les regarde. Quant à pondre un disque de surf pop tropicale, Arrange laisse ça aux moussaillons des villes qui fantasment sur le sable chaud qu’ils ne verront pas avant des mois, et c’est tant mieux.

 

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