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house

Vous vous disiez « ah ben ça fait longtemps qu’il nous a pas parlé de Hot Chip celui-là« . Et vous aviez  raison. Et ça ne pouvait pas durer. Normal, et je vous l’ai déjà dit ici (pas de ma faute si vous ne suivez pas ou que vous perdez votre temps avec des niaiseries sous Lexomil à la Alt-J), Hot Chip est un des groupes les plus importants de notre époque. Car il la symbolise et la synthétise, avec des synthétiseurs de surcroit. Mais surtout, il la singularise à travers tous les projets parallèles de ses membres dont je parlais aussi là : New Build et 2 Bears. Et voilà où je voulais en venir : le label Greco-Roman, fondé par Joe Goddard, le jovial barbu rouquin, et ses amis Alex Waldron et Dom Bastyra. Basé à Berlin, il a entre autres publié les premiers singles du formidable Totally Enormous Extinct Dinosaurs. Et bien sûr, les disques solo de Joe Goddard himself. Puis très récemment, le single Sunburn de l’épatant Baio.

 

 

Baio, c’est dans la vraie vie Chris Baio, bassiste du groupe Vampire Weekend, indie rockers de Brooklyn devenus hipsters en se fringuant comme Johnny Clegg. Drôle d’époque me direz-vous. Oui, d’autant que son Sunburn EP est comme son nom l’indique un super coup de soleil electro house qui vous lâche au dessus d’Ibiza sans parachute : grisant, entêtant et presque sans fin. Les deux autres titres du EP restent à cette altitude, avec un Matias Aguayo toujours envoutant sur le Tanto de fin. A suivre et à confirmer. Ce qu’a déjà fait l’autre grande révélation de Greco-Roman : Disclosure.

 

 

Disclosure, c’est deux frères, Guy et Howard Lawrence, même pas 20 balais, et déjà quatre singles paradisiaques au compteur depuis leur soulful Offline Dexterity sorti en 2010. Allez, voilà Tenderly, paru au début de cette année.

 

 

C’est pour son tout nouveau The Face EP que Disclosure a rejoint Greco-Roman qui devrait définitivement sortir les frangins de l’ombre. Quatre titres d’une fusion house qui ne dit jamais non aux avances du dubstep, gaie comme un Italien quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin. Vérifiez la température de votre ordinateur avant de lancer tout ça, ça risque de chauffer. Mais avec des Grecs et des Romains, vous vous attendiez à quoi les cocos ?

 

 

 

 

Qui a dit que le dubstep était un genre britanno-britannique ? L’Anglais Antony Williams alias Addison Groove (qui prend parfois aussi le surnom de Headhunter) prouve brillamment le contraire, avec son album Transistor Rhythm qui parait sur le label des Allemands de Modeselektor, 50 Weapons. Aphex Twin, Villalobos ou Mr Scruff en sont déjà fans. Au-delà de ces noms, c’est aussi la marque d’un grand éclectisme et d’une capacité de rassemblement des fans de tous bords dont Antony Williams fait preuve.

En 2010, c’est le hit Footcrab qui le fait connaitre, single entêtant qui invite à danser en club comme un crabe.

A travers son processus de mondialisation du dubstep, son premier album semble croiser les racines du genre avec d’autres forces electro en présence sur le continent américain : hip-hop pur et dur, techno crado et ghetto house propulsée par des polyrythmies afro. Pour botter les fesses et les remuer, rien de tel qu’une apparition des vicelards du groupe Spank Rock sur deux titres qui hésitent entre fusion et fission, Bad Things et Beeps.

Sur d’autres morceaux, il tourne le dos à cette délicieuse vulgarité pour une électronique qui part tous azimuts. Vos enfants ne vous croiront pas quand vous leur raconterez qu’en 2012, vous avez vécu ça. Et même que c’était sale mais que c’était bien bon.


Il n’est jamais trop tard pour succomber aux sirènes des musiques électroniques. Surtout quand vous êtes américain. Notre homme a grandi à Washington où il a été guitariste du groupe punk hardcore Black Eyes qui s’est fait remarquer sur le légendaire label Dischord. Il a ensuite obliqué vers le disco post-punk avec le duo Mi Ami et dans l’electro en solo avec Sex Worker qui sortit deux albums sur Not Not Fun. Daniel Martin-McCormick revient tout seul sous une peau toute neuve et un blaze qui claque : Ital.

Il semble cette fois prendre sa nouvelle vie très au sérieux, à tel point que le premier album d’Ital parait sur le non moins sérieux label Planet Mu, généralement habitué aux expérimentations en tous genres, aux fortes têtes mais sans prise de tête. Avec Hive Mind, Martin-McCormick se fout pas mal des formats en livrant un album de cinq morceaux mais qui dépasse allègrement les 40 minutes. Autant dire que certaines de ses plages s’étirent jusqu’au soleil couchant, donnant à sa house hypnotique une sensation d’infini qui avait disparu du format album. Il est Ital. Eh ben franchement, qu’il le reste.

 

 

 

 

Et le clip d’un de ses singles de 2011, Only for Tonight

Bon Pitchfork vient d’en parler mais à la fois on s’en fout. Ce week-end j’avais autre chose à faire (dormir, ce genre de trucs) et Pitchfork, c’est en anglais. Tout ça pour en venir à John Talabot, dont l’album electro éclabousse du talent de son auteur et de sa beauté ce début février tout cold. John Talabot est un DJ et producteur house de Barcelone qui a sorti une poignée de maxis avant ce coup de maitre qui parait sur le label munichois Permanent Vacation que je pensais en retraite anticipée. Les puristes de la syntaxe ne m’en voudront pas si je ne cède pas aux coquetteries de la pochette en écrivant John/Talabot « John Talabot », et le nom de son album Fin au lieu de ƒIN.

Plus important, on se souvient de son nom derrière les remix de Find A Way de notre Joakim, du Shelter de The XX et de singles de Shit Robot et Tahiti 80. Ses débuts à lui remontent à 2009, avec les singles My Old School et surtout, Sunshine.

Avec Fin, Talabot a réussi un album de house qui ne sonne ni acid, ni rave, ni rétro, ni futuriste, ni rétro-futuriste – et encore moins nu-rave. Le gars a pris la chose là où quelques fainéants l’avaient laissée pour la propulser à sa sauce piquante dans une sphère fascinante, sans répétitions ni lourdeur, mais au contraire avec grâce et sens de la mélodie, comme chez ses amis londoniens de Border Community. On est loin de la deep au kilomètre, même si l’adjectif deep collerait parfaitement à Fin mais pour d’autres raisons. « Un nouveau Booka Shade ? » suggère de façon pas idiote du tout le quotidien The Guardian. Talabot rentre d’entrée dans la cour des très grands. Avec des minitubes, et un vrai album, ce qui n’est jamais gagné pour le genre. Et ça, c’est pas Pitchfork qui vous le dit.

Destiny feat. Pional

So will be now… (feat. Pional)

 

ET UN MIX TOUT CHAUD REALISE POUR FACT

Il y a quelques mois, je serinais mon monde avec les projets solo des gars de Hot Chip, sinon aussi indispensables que leur groupe, au moins très complémentaires et parfaites pistes d’entrainement pour leurs courses folles au sein des patates chaudes. Et voilà que cet arbre généalogique haut comme un séquoia de Californie compte une nouvelle branche avec les passionnants The 2 Bears, deux nounours derrière lesquels se cachent deux barbus : le compositeur et chanteur Joe Goddard, et Raf Rundell, son pote du label Greco-Roman. Pour la petite histoire, les ours furent au début trois avec Joseph Mount, pas encore occupé à s’agiter avec Metronomy.  Réservoir à toutes les idées de Goddard que le rythme d’un album tous les deux ans  pour Hot Chip  ne suffit à exploiter, The 2 Bears correspond à un projet clairement taillé pour le dancefloor, influencé par la house, l’electro funk et la pop décalée. Il n’en fallait pas plus pour que le vétéran big-beat Fatboy Slim ne s’emballe et signe le duo sur son label Southern Fried.

Après trois maxis en 2011, les nounours balancent en ce mois de janvier leur premier album, Be Strong, et c’est la grande fiesta décomplexée comme seuls les Anglais savent se le permettre. Les filles y dansent en robe courte dans la nuit enneigée, les mecs s’y lancent des pintes à la figure dans un grand éclat de rires. Piano italo entêtant, mélancolie à fleur de peau d’ours, ritournelles imparables où Baxter Dury se trémousse dans un pub sur du Derrick Carter : c’est bon enfant, craquant comme un petit Ours Brun, doux comme un nounours à la guimauve. C’est la meilleure nouvelle pour démarrer l’année, d’autant qu’elle coïncide avec l’annonce d’un cinquième album de Hot Chip d’ici l’été. Que demande le peuple ? Rien, juste qu’on embrasse la Reine pour la remercier de la bonté de ses concitoyens.

Et magie de Soundcloud, l’album Be Strong

Et une sélection de leurs fantasques remixes

Rien n’oblige à faire des bilans de l’année, on n’est pas là pour parler contrôle technique. Mais rien n’interdit de se retourner une dernière fois sur les douze derniers mois afin de mieux se consacrer à la nouvelle année qui se présente. Voici dans un beau désordre alphabétique les 10 albums qui m’auront marqué et qui ont marqué cette année par leur audace, leurs recherches et souvent, leur simplicité. Je dis bien désordre car un classement n’aurait franchement pas grand sens. Ici c’est plutôt l’école des fans de Jacques Martin : tous premiers. Puis une liste illimitée même si non exhaustive de tous ceux qui ont fait l’objet d’écoutes incessantes et d’amours non imaginaires. Pas tous des chefs d’oeuvre, mais tous avec leur petit lot de morceaux remarquables. Les albums dont il a été ici question après la naissance du blog ont même droit à leur petit nom en gras avec le lien vers l’article. Un vrai bilan plein de stock options, de dividendes, d’actionnaires aux anges et de triple A qui ont tous contribué à se sentir better. A l’année prochaine.

Balam Acab – Wander / Wonder

James Blake – James Blake

John Maus – We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves

Metronomy – The English Riviera

Mohini Geisweiller – Milk Teeth

Nicolas Jaar – Space Is Only Noise

Other Lives – Tamer Animals

SBTRKT – SBTRKT

The Weeknd – House of Balloons

 

Water Borders – Harboured Mantras

Tous les albums qui suivent méritent une citation tant ils ont tourné et tourné toute l’année. Là encore pas question de les classer ni même de les compter, mais ils ont compté et pas pour du beurre. Pas question donc de les passer sous silence ni de les faire taire. D’ailleurs, leurs auteurs sont priés de bosser gentiment à leur suite.

2562 – Fever Addendum

A$AP Rocky – LIVELOVEA$AP

About Group – Start & Complete

Active Child – You Are All I See

Africa Hi-Tech – 93 Millions Miles

 Agoria – Impermanence

Alias – Fever Dream

Alister – Double Détente

Amen Dunes – Through Donkey Jaw

Andrew Sinclair – Evil Summer

Andy Stott – We Stay Together / Passed Me By

Apparat – The Devil’s Walk

Araabmusik – Electronic Dream

Austra – Feel It Break

Battant – As I Ride With No Horse

Baxter Dury – Happy Soup

Black Lips – Arabia Mountain

Blood Orange – Coastal Grooves

Blouse – Blouse

BNJMN – Black Square

Bodies of Water – Twist Again

Burial – Street Halo EP

Cat’s Eyes – Cat’s Eyes

 Cheveu – 1000

Clams Casino – Insrumentals

Class Actress – Rapprocher

Colin Stetson – New History Warfare Vol. 2: Judges

Cults – Cults

Daft Punk – Tron Legacy

Das Racist – Relax

 Demdike Stare – Elemental Partis 1 & 2

Dirty Beaches – Badlands

Discodeine – Discodeine

Drake – Take Care

DyE – Taki 183

Etienne Jaumet – Night Music

fLako – The Mesesktet

Ford & Lopatin – Channel Pressure

Four Tet – Fabriclive 59

Future Islands – On The Water

 Gang Gang Dance – Eye Contact

Girls – Father, Son , Holy Ghost

Grimes – Geidi Primes

Gruff Rhys – Hotel Shampoo

Gui Boratto – III

Gus Gus – Arabian Horse

 Hercules & Love Affair  – Blue Songs

Herman Düne – Strange Moosic

James Ferraro – Far Side Virtual

James Pants – Love Crafts

James Teej – Evening Harvest

Jamie Woon – Mirrorwriting

Jay Z & Kanye West – Watch The Throne

JJ – Kills

Joakim – Nothing Gold

John Praw – John Praw

Justice – Audio, video, disco

Kate Bush – 50 Words for Snow

Kate Wax – Dust Collision

Katy B  On A Mission

King Midas Sound – Without You

Knxwledge  Old Klouds 

Korallreven – An Album By Korallreven

Lights – Siberia

Lil B – The Silent President

Low – C’mon

Lumerians – Transmalinnia

M83 – Hurry Up, We’re Dreaming

Magazine – No Thyself

Martyn – Ghost People

Mayer Hawhtorne – How Do You Do

Mint Julep – Save Your Season

Modeselektor – Monkeytown

Mr.Oizo – Stade 2

Mustang –  Tabou

Neon Indian – Era Extraña

Nguzunguzu & Total Freedom & Kingdom – The Claw

Nicola Roberts – Cinderella’s Eyes

Omar S – It Can Be Done But Only I Can Do It

 Orval Carlos Sibelius – Recovery Tapes

Pallers – The Sea of Memories

Panda Bear – Tomboy

Para One & San Serac – Slice & Soda

Pinch & Shackleton – Pinch & Shackleton

Rainbow Arabia – Boys And Diamonds

Rebolledo – Super Vato

Rihanna – Talk That Talk

Robot Koch – The Other Side

Roly Porter – Aftertime

 Ruede Hagelstein – Soft Pack

Rustie – Glass Swords

Salem – King Night

 Sandwell District – Feed Forward

Scratch Massive – Nuit de rêve

Sepalcure – Sepalcure

Shabazz Palaces – Black Up

Shimmering Stars – Violent Hearts

Shlohmo – Bad Vibes

Sleep ∞ Over  – Forever

Slove – Le Danse

St Vincent – Strange Mercy

Stimming – Liquorice

Sun Araw – Ancient Romans

Sun Glitters – Everything Could Be Fine

Tamaryn – The Wave

The Antlers – Burst Apart

The Black Lips – El Camino

The Fall – Ersatz G.B.

The Feelies – Here Before

The Field – Looping State of Mind

The Juan McMean – Everybody Get Close

The Rapture – In The Grace Of Your Love

The Soft Moon – The Soft Moon

The Weeknd – Thursday

Thee Oh Sees – Carrion Crawler / The Dream

Timber Timbre – Creep On Creepin’ On

Toro Y Moi – Underneath The Pine

Tropic of Cancer – The End of All Things

Troy Pierce – Voodoovoodoo

Twin Sister – In Heaven

Tycho – Dive

U.S Girls – U.S Girls on Kraak

Unknown Mortal Orchestra – Unknown Mortal Orchestra

Vinyl Williams – Unrereleased

Walls – Coracle

Warm Ghost – Narrows

Zomby – Dedication

ZZT – Partys Over Earth

Ils se sont mis à deux et ont trouvé la solution. A quoi ? Pas à la crise mondiale, non. Juste la solution pour étirer le dubstep sur une cinquantaine de minutes sans donner une crise de syncope à nos pauvres oreilles déjà bien malmenées. Eux, c’est Travis Stewart (Machinedrum) et Praveen Sharma (Braille, Praveen & Benoît), deux producteurs techno de Brooklyn réunis au sein du duo Sepalcure, déjà auteur de maxis généreux sur le label londonien Hotflush (Mount Kimbie…).

A défaut de résoudre la crise mondiale donc, ils prouvent que des négociations transatlantiques peuvent au moins aider à faire avancer un genre comme au bon vieux temps du rock’n’roll. En l’occurrence leur dubstep est un mélange de UK bass, de vocaux cheesy house, de dub futuriste et de roideur technoïde comme on la martelait sur les chaines de fabrication de Detroit. Tout a commencé l’an dernier avec un premier single prometteur tombé comme une Fleur.


Paradoxalement, les deux ont élevé le rythme sur leur premier album qui se révèle aussi brilliant que varié. D’ailleurs la DJette anglaise Mary Ann Hobbs les supporte comme un seul homme






Tout ça sonne comme un Burial courant à poil sur la plage pour se faire soigner ses coups de soleil : émouvant, chaleureux, varié, imaginatif. Reste juste à m’expliquer l’origine de ce nom étrange qui a au moins le mérite de se googliser de façon exemplaire. Ces deux gars ont vraiment tout compris à notre époque.

A télécharger gratos l’inédit I’m Alright, face B du single Pencil Pimp : I’M ALRIGHT

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