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Archives Mensuelles: décembre 2011

Alors voilà, on pensait finir l’année peinard, un petit bilan financier et puis s’en va… Et voilà que The Weeknd refuse de nous lâcher la grappe et publie en cette toute fin d’année une troisième mixtape de ouf, baptisée Echoes of Silence, toujours à base de R&B lascif, de cochonneries en dessous de la ceinture et de substances prohibées. Et comme d’hab, les trois de Toronto l’ont mise en ligne gratuitement sur leur site.

On rappelle juste pour les fainéants qui ne voudront pas chercher dans l’historique des articles que The Weeknd (à prononcer et comprendre comme the weakened, soit les affaiblis), c’est une voix en plaqué or, Abel Tesfaye (né en 1990), associée à la patte de velours de deux producteurs, Doc McKinney et Illangelo. 

En apéro de l’indispensable opération téléchargement de l’album, deux extraits des neuf titres du magnifique Echoes of Silence : dont le monumental Montreal et sa citation du Laisse tomber les filles de France Gall.

Tout ça est à télécharger librement et sans crainte d’Hadopi sur le site de The Weeknd. Les réfractaires au téléchargment peuvent aussi l’écouter via leur Soundcloud.

Et pas besoin d’être Paco Rabanne pour prédire que 2012 sera forcément l’année de nos lascars. Ceux qui prendront le train en marche n’auront plus de place pour le festin au wagon restaurant.

Rien n’oblige à faire des bilans de l’année, on n’est pas là pour parler contrôle technique. Mais rien n’interdit de se retourner une dernière fois sur les douze derniers mois afin de mieux se consacrer à la nouvelle année qui se présente. Voici dans un beau désordre alphabétique les 10 albums qui m’auront marqué et qui ont marqué cette année par leur audace, leurs recherches et souvent, leur simplicité. Je dis bien désordre car un classement n’aurait franchement pas grand sens. Ici c’est plutôt l’école des fans de Jacques Martin : tous premiers. Puis une liste illimitée même si non exhaustive de tous ceux qui ont fait l’objet d’écoutes incessantes et d’amours non imaginaires. Pas tous des chefs d’oeuvre, mais tous avec leur petit lot de morceaux remarquables. Les albums dont il a été ici question après la naissance du blog ont même droit à leur petit nom en gras avec le lien vers l’article. Un vrai bilan plein de stock options, de dividendes, d’actionnaires aux anges et de triple A qui ont tous contribué à se sentir better. A l’année prochaine.

Balam Acab – Wander / Wonder

James Blake – James Blake

John Maus – We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves

Metronomy – The English Riviera

Mohini Geisweiller – Milk Teeth

Nicolas Jaar – Space Is Only Noise

Other Lives – Tamer Animals

SBTRKT – SBTRKT

The Weeknd – House of Balloons

 

Water Borders – Harboured Mantras

Tous les albums qui suivent méritent une citation tant ils ont tourné et tourné toute l’année. Là encore pas question de les classer ni même de les compter, mais ils ont compté et pas pour du beurre. Pas question donc de les passer sous silence ni de les faire taire. D’ailleurs, leurs auteurs sont priés de bosser gentiment à leur suite.

2562 – Fever Addendum

A$AP Rocky – LIVELOVEA$AP

About Group – Start & Complete

Active Child – You Are All I See

Africa Hi-Tech – 93 Millions Miles

 Agoria – Impermanence

Alias – Fever Dream

Alister – Double Détente

Amen Dunes – Through Donkey Jaw

Andrew Sinclair – Evil Summer

Andy Stott – We Stay Together / Passed Me By

Apparat – The Devil’s Walk

Araabmusik – Electronic Dream

Austra – Feel It Break

Battant – As I Ride With No Horse

Baxter Dury – Happy Soup

Black Lips – Arabia Mountain

Blood Orange – Coastal Grooves

Blouse – Blouse

BNJMN – Black Square

Bodies of Water – Twist Again

Burial – Street Halo EP

Cat’s Eyes – Cat’s Eyes

 Cheveu – 1000

Clams Casino – Insrumentals

Class Actress – Rapprocher

Colin Stetson – New History Warfare Vol. 2: Judges

Cults – Cults

Daft Punk – Tron Legacy

Das Racist – Relax

 Demdike Stare – Elemental Partis 1 & 2

Dirty Beaches – Badlands

Discodeine – Discodeine

Drake – Take Care

DyE – Taki 183

Etienne Jaumet – Night Music

fLako – The Mesesktet

Ford & Lopatin – Channel Pressure

Four Tet – Fabriclive 59

Future Islands – On The Water

 Gang Gang Dance – Eye Contact

Girls – Father, Son , Holy Ghost

Grimes – Geidi Primes

Gruff Rhys – Hotel Shampoo

Gui Boratto – III

Gus Gus – Arabian Horse

 Hercules & Love Affair  – Blue Songs

Herman Düne – Strange Moosic

James Ferraro – Far Side Virtual

James Pants – Love Crafts

James Teej – Evening Harvest

Jamie Woon – Mirrorwriting

Jay Z & Kanye West – Watch The Throne

JJ – Kills

Joakim – Nothing Gold

John Praw – John Praw

Justice – Audio, video, disco

Kate Bush – 50 Words for Snow

Kate Wax – Dust Collision

Katy B  On A Mission

King Midas Sound – Without You

Knxwledge  Old Klouds 

Korallreven – An Album By Korallreven

Lights – Siberia

Lil B – The Silent President

Low – C’mon

Lumerians – Transmalinnia

M83 – Hurry Up, We’re Dreaming

Magazine – No Thyself

Martyn – Ghost People

Mayer Hawhtorne – How Do You Do

Mint Julep – Save Your Season

Modeselektor – Monkeytown

Mr.Oizo – Stade 2

Mustang –  Tabou

Neon Indian – Era Extraña

Nguzunguzu & Total Freedom & Kingdom – The Claw

Nicola Roberts – Cinderella’s Eyes

Omar S – It Can Be Done But Only I Can Do It

 Orval Carlos Sibelius – Recovery Tapes

Pallers – The Sea of Memories

Panda Bear – Tomboy

Para One & San Serac – Slice & Soda

Pinch & Shackleton – Pinch & Shackleton

Rainbow Arabia – Boys And Diamonds

Rebolledo – Super Vato

Rihanna – Talk That Talk

Robot Koch – The Other Side

Roly Porter – Aftertime

 Ruede Hagelstein – Soft Pack

Rustie – Glass Swords

Salem – King Night

 Sandwell District – Feed Forward

Scratch Massive – Nuit de rêve

Sepalcure – Sepalcure

Shabazz Palaces – Black Up

Shimmering Stars – Violent Hearts

Shlohmo – Bad Vibes

Sleep ∞ Over  – Forever

Slove – Le Danse

St Vincent – Strange Mercy

Stimming – Liquorice

Sun Araw – Ancient Romans

Sun Glitters – Everything Could Be Fine

Tamaryn – The Wave

The Antlers – Burst Apart

The Black Lips – El Camino

The Fall – Ersatz G.B.

The Feelies – Here Before

The Field – Looping State of Mind

The Juan McMean – Everybody Get Close

The Rapture – In The Grace Of Your Love

The Soft Moon – The Soft Moon

The Weeknd – Thursday

Thee Oh Sees – Carrion Crawler / The Dream

Timber Timbre – Creep On Creepin’ On

Toro Y Moi – Underneath The Pine

Tropic of Cancer – The End of All Things

Troy Pierce – Voodoovoodoo

Twin Sister – In Heaven

Tycho – Dive

U.S Girls – U.S Girls on Kraak

Unknown Mortal Orchestra – Unknown Mortal Orchestra

Vinyl Williams – Unrereleased

Walls – Coracle

Warm Ghost – Narrows

Zomby – Dedication

ZZT – Partys Over Earth

Quelle bonne idée que de sortir ce disque qui clôture en douceur l’année musicale. Pas vraiment un album de Noël mais plutôt un vrai cadeau  d’electro pop lo-fi du papa Noël teuton, cotonneux et couvert de flocons downtempo, dont le chant fluet a bien fait de ne pas se risquer à affronter la tempête Joachim. Publié sur Souvenir, le label du duo allemand Tiefschwarz, Soft Pack est l’œuvre de Ruede Hagelstein & The Noblettes, un producteur, chanteur et touche-à-tout pas pressé pour deux ronds. Ce premier album avec son groupe de trois musiciens fait suite à des débuts en 2004 (le EP Sweaty Balls, suivi d’une poignée d’autres parus un peu tous les ans).

Son nom est apparu sur quelques compilations et mixes, sur le label anglais Output, chez nos amis parisiens de D*I*R*T*Y ou encore au détour d’un mix bien senti signé de l’Américain Matthew Dear. En 2005, le morceau Eclectic People lui vaut de figurer sur la première compilation Maison des Parisiens de Kitsuné.

Pour cet album, Hagelstein, (Holger de son vrai prénom) a clairement déserté le dancefloor pour réconforter le clubber dans sa remontée du lendemain après-midi chez les vivants. Sa musique est toute en grâce et légèreté, flottant dans l’espace comme le disait Spiritualized, mais sans substance illicite, juste en gonflant les pop-songs à l’hélium qui fait s’envoler les ballons. Dès le A Priori d’ouverture, le disque vous embarque chez le Erlend Øye de The Whitest Boy Alive parti jouer en smoking dans un cabaret classe. C’est élégant, malin, sensible, parfois rehaussé d’un piano et d’une trompette plus charmants qu’incongrus, comme si Simon & Garfunkel avaient la délicatesse de renaitre derrière un laptop. Ruede Hagelstein vient d’inventer la pop organique assistée par ordinateur. Merci à lui.

En prime et pour vous montrer que Ruede Hagelstein & The Noblettes, c’est pas du vent ni même du Joachim, quelques extraits du concert enregistré début novembre au club Watergate de Berlin.

Et vu que c’est Noël, voici une sélection de titres de Soft Pack publiés via son Soundcloud où tout peut s’écouter tranquillos :

Les pionniers ne sont pas toujours ceux qui survivent à leurs découvertes. Prenez le mystérieux producteur dubstep londonien Sam Shackleton. Depuis la fin de son géantissime label Skull Disco, le monde manque cruellement de ses productions dark et hypnotiques qui perpétuaient outre-Manche une vision urbaine et moite de la techno minimale.

Ceux qui n’ont jamais entendu le remix de Blood On My Hands du Chilien Ricardo Villalobos sont priés de cliquer sur ce clip avant d’espérer pouvoir lire la suite.

La suite, c’est un passionnant album qu’il vient de publier avec une autre tête pensante du genre originaire de Bristol, Rob Pinch, sobrement intitulé Pinch & Shackleton sur le label Honest Jon’s, merveilleuse maison londonienne créée par Damon Albarn et habituellement portée sur les rééditions world.

Sur leur album commun, les deux s’éloignent du dubstep noir de Shackleton pour le laisser dorer au soleil du Moyen Orient, mais après le printemps arabe. Leur album est un étonnant melting pot où chacun des neuf morceaux prend le temps de s’alanguir au-delà des six minutes, en se chargeant de percussions tribales et de sons futuristes. Il en ressort un album totalement captivant, à l’écart des modes du moment, aux basses profondes mais préhensibles, aux airs exotiques mais pas si inconnus tant Shackleton était déjà porté en solo sur les explorations du désert (on se souvient de ses Hamas Rule et Hypno Angel). Un chef d’œuvre de cette année oserais-je dire en cette période furieusement chrétienne.

Keith Kenniff est un type qui n’a pas besoin de dormir. Le genre à tâter de tous les instruments, à passer la nuit sur des sites pour trouver le câble en cuivre qui va bien, à s’essayer dans différents genres musicaux, seul ou en bande. On lui doit les identités Helios et Goldmund via lesquelles il répand une musique électronique teintée suivant ses humeurs d’ambient et de classique, le tout publié sur son propre label Unseen. Les cinéphiles auront repéré que Goldmund a inscrit son nom à des génériques de films d’Harmony Korine. Si ce touche-à-tout originaire de Boston ne dort jamais, c’est qu’il bosse même avec sa femme Hollie au sein de Mint Julep, duo d’amoureux basé à Portland, son projet le plus accessible à ce jour.

Si leur pop qui regarde le bout de ses pompes a le droit de s’inviter ici, c’est que sans révolutionner le genre, elle s’écoute toute seule et déballe de bien jolies vignettes qui s’envolent aussi vite et aussi haut que des bulles de savon. Moins tristounes que les pompeurs du shoegazing à la Slowdive, moins déprimés que The XX, plus pop que les pieds plombés du post-rock, les deux offrent avec Save Your Season un deuxième album qui n’ira pas beaucoup plus loin que les frontières de l’Oregon mais qui séduit avec son charme simple, naturel et désuet, sans poser de questions ni prendre la tête.  Du Ladytron des montagnes canadiennes si ça vous chante. Du moonbootsgazing puisqu’on en est entre nous.

Pour toi qui veut reprendre un peu de Mint Julep sans verre consigné, voilà le titre Aviary en téléchargement gratuit via le Soundcloud du groupe. A consommer sans aucune modération, d’autant que son degré en alcool est plutôt faiblard. Attention juste à la surdose de sucre.



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