Kate Wax, synthétique cousu main

A des années lumières de notre ère du tout-Twitter, la musique pouvait se vivre en toute intimité, sur son lit ou à la lueur d’un feu de bois. Nick Drake, Vashti Bunyan, Judee Sill ou Johnny Thunders ont ainsi gravé gravé des chefs d’œuvre intemporels avec des moyens réduits à leur strict minimum : un micro et six cordes tendues sur une caisse en bois. Pas besoin de taper sur des bambous, même si ce furent rarement des numéros uns, du moins de leur vivant. Kate Wax affiche la même solitude, le même caractère auto-centré, armée d’un ordinateur et d’un matériel qu’on imagine noyé dans une forêt de lianes de câbles.

Suissesse d’origine tibétaine, cette proche de la scène minimale teutonne revient le 7 décembre avec un deuxième album, Dust Collision, attendu depuis son Reflections of the Dark Heat de 2005 en dépit de trois compilations d’inédits et de nombreux remixes. Et surtout d’un enfant. Telle une Björk guérie de ses tics horripilants, Kate Wax construit un univers finalement pas si éloigné de l’electro goth de Fever Ray. Son arrivée sur le label londonien Border Community, spécialisé dans l’electro spatiale contemplative (James Holden qui a coproduit Dust Collision, Nathan Fake, The MFA, Luke Abbott…) n’a en tout cas en rien altéré les velléités dark de notre néo trentenaire.

 

 

Rien de bien planant dans ses giclées synthétiques pures et limpides surtout quand des éclairs frappent comme la foudre le petit cocon électronique qu’elle tente de tisser autour de sa voix. Sur Dancing In The Scalp, on croit se balader dans la même forêt que celle où se perdait The Cure voilà trente ans.

 

Si sa personnalité détonne moins dans un nouveau siècle qui a connu un effarant retour des mortes vivantes de la new cold-wave (de Fever Ray donc à Planningtorock en passant par Austra, The Knife, Class Actress, Glasser, St Vincent et autres Soap & Skin, toutes des voix souvent arty et pas toujours très chaudes), Kate Wax affiche une singularité et des mots entendus nulle part ailleurs, en particulier quand elle est prise de convulsions qui l’emmèneraient bien sur le dancefloor pour peu qu’une bonne âme l’aide à trouver la boule à facettes. Avec Dust Collision, l’hiver sera glacial sous les t-shirts sous les maillots.

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