Martyn embellit son jardin

Martyn serait en train de refaire l’histoire à l’envers que ça ne m’étonnerait pas. Meilleur élève du dubstep continental avec son premier album (l’inépuisable Great Lengths de 2009), le producteur néerlandais lui donne une suite tout aussi impressionnante qui s’écarte des codes du genre pour mieux chatouiller ses racines. Des racines qui envahissent les quatre coins de l’électronique britannique et mondialisante, de l’electronica à la drum’n’bass en passant par la house et la techno, pour donner naissance à ce Ghost People aussi charnel que passionnant.



 

Originaire d’Eindhoven, Martijn Deykers alias Martyn s’est installé à Rotterdam dont il a utilisé le code postal pour le nom de son label : 3024. Pour son deuxième album, il a préféré s’adosser au label Brainfeeder monté par le fantasque Américain Flying Lotus (lui-même signé sur Warp Records) dont l’échoppe commence à amasser de jolis bijoux de famille : The Gaslamp Killer, Thundercat, Samiyam, Lorn, Matthewdavid etc. Entre temps, Martyn a gratifié nos jours et nos nuits d’un beau mix, numéroté 50 dans la série du club Fabric, qui confirmait que l’Europe (en tout cas des musiques actuelles) n’était pas un vain mot.

 Il y a deux ans, sur Great Lengths, Martyn avait même traversé l’Atlantique pour nous lâcher dans un Vancouver majestueux.


 

… et mettait sur écoute de charmantes inconnues


 

Deux ans plus tard, sa musique sort des sentiers même pas encore trop battus du dubstep pour esquisser une ébauche du funk d’après-demain. Le single Masks se balade entre tech house et electro dub speedé tandis que Popgun s’enfonce dans les riddims d’un dancehall de zone industrielle hollandaise.

 

 

 

 

 

Dans un genre que les eurosceptiques prédisaient éphémère même si, avouons-le, clairement porté sur le format single, Martyn parvient à imposer une profondeur de champ qui lui permet de nuancer les points de vue et les teintes sur la longueur non plus d’un, mais de deux albums, exploit que peu de Britanniques sont parvenus à accomplir. Partout, ses basses sont dark, humides comme un orage en mer du Nord, joyeuses comme un cargo abandonné par son équipage en pleine tempête. Mais on l’aime comme ça. Martyn a gagné ses primaires à lui. Mais pas question pour l’instant d’emmener Martyn à la plage.


En prime, un mix enregistré pour le magazine XLR8 : Mix XLR8


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