Rustie, génie dubstep du label Warp

Alors là, ça m’apprendra à parler trop vite. Pas plus tard que cet été, lors d’une discussion aussi passionnante qu’arrosée avec un ami confrère (comme quoi les deux ne sont pas incompatibles), je m’excitais sur le label de mes amours en lui reprochant de ne plus être en phase avec son (notre) époque : Warp. Et voilà que celui-ci me fait mentir en sortant le l’album de musique électronique le plus important de son catalogue des années 2000 (on met donc bien entendu de côté l’indie rock de Grizzly Bear, Battles etc. ainsi que le post hip-hop déviant à la Gonjasufi et Flying Lotus). En une signature et un album fantastique, la maison british a comblé le vide abyssal qui le séparait de son temps et de son pays en s’attaquant avec bonheur à un genre incontournable qu’il semblait délaisser : le dubstep.

On dit que le bonheur est simple comme un coup de fil. Pour Warp, on dira qu’il est donc désormais simple comme Rustie. Ce jeune producteur écossais y publie le 11 octobre ce premier album intitulé Glass Swords. Signé depuis 2010 sur le label qui a préparé le lancement de la fusée avec déjà deux maxis, Rustie livre là une passionnante odyssée de l’espace de 2011, une œuvre aventureuse qui dépasse largement les codes du dubstep pour faire le lien avec l’ensemble des musiques électroniques, en particulier celles défendues de tous temps par Warp : IDM, electronica, techno, drum’n’bass. Mais cela aurait été trop simple pour le gamin de s’arrêter là. Tout son génie est de mélanger l’affaire à un rattrapage en règle des cours des années 2000, comme quand on croit entendre l’influence de Daft Punk sur l’épique Ultra Thizz.

Déroutant au premier abord car omnidirectionnel, Glass Swords est un album fondamental et symptomatique de notre époque, à la fois épique, surprenant et bouillonnant qui intègre Timbaland, les Neptunes et la bass music dans un même cocktail futuriste. Avec cette première longue superproduction qui suit de peu la superbe exploration sensorielle signée Four Tet sur son mix Fabriclive 59, Rustie a enfin offert au dubstep l’album qu’il méritait et à Warp une emprise réelle avec le monde de 2011. Rustie est le LFO de la nouvelle génération.

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