Sleep∞Over, pop de nuits de la pleine lune

Tu as remarqué toi aussi ? Ce blog manque de femmes. C’est vrai. Pour compenser cette lamentable disparité sexiste qui risque de me faire passer sous le nez les subventions européennes,  rien de tel qu’un trio qui va d’un seul coup d’un seul féminiser des colonnes qui commençaient  à sentir la chaussette. Pour tous ceux qui aiment à ranger les artistes dans des tiroirs à défaut d’y empiler leurs slips repassés, on dira que les trois filles de Sleep ∞ Over donnent dans le dream pop, ce qui fait des vacances hors de la fameuse witch house dans laquelle on aurait pu tomber du fait de chants éthérés et d’un signe cabalistique planté au beau milieu de leur nom.

L’expression Sleepover signifie en british le fait pour un enfant de découcher pour une nuit chez un copain. Ce qui a vite fait du terme un équivalent des pyjamas parties entre copines. Pour nos trois Texanes d’Austin, la formule signifierait plutôt « dormir la nuit autour d’un feu de bois en essayant d’attraper des étoiles filantes avec le bras. Après avoir vidé une caisse de scotch ». Stefanie Franciotti (chant, claviers), Sarah Brown (basse, chant) et Christa Palazzolo (guitare, chant) sont trois sirènes qui courent après le fantôme des Cocteau Twins quelque part dans le cimetière de Twin Peaks.

A leur actif depuis leur première répet’ en 2009, Casual Diamond, maxi à la magnifique pochette de femme-paysage sous un croissant de lune, morceau qui démarre par des guitares emmêlées dans le shoegazing et la new-wave des années 80 et qu’on retrouve en bonne place sur l’album dont il va être question.




Après un single partagé avec leurs potes d’Austin, Pure Ecstasy, Forever, leur premier album, paraît ce mois-ci sur le label Hippos In Tanks (tiens, on s’est vus il y a pas longtemps autour d’un bière en parlant d’Autre Ne Veut). Les dix titres de Forever sont autant de lentes litanies qui ne sombrent jamais dans le gothique car les voix des filles savent rester dans les harmonies claires et célestes qu’affectionnait Julee Cruise. Sur tel morceau on croit entendre un saxo (Stickers), sur d’autres on se balade comme dans un rêve ahurissant dont on s’extirpe en se frottant les yeux. Seul le dernier titre Don’t Poison Everything tendrait à sortir le pic à glace pour aller trotinner des terres glaciales. Allez, assez rigolé les filles. On range les bouteilles, on sort les poubelles, on passe l’aspi et on rentre dormir chez les parents maintenant.


 

En bonus en écoute, un mix ambient et cinétique d’une heure signé des filles. A ne pas écouter seule la nuit.

 




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