John Maus, la pop maousse costaud

John Maus est né en 1980, et sa musique aussi. A douze ans, il composait ses premiers morceaux qu’il publiait sauvagement. Derrière l’apparente légèreté de sa pop synthétique pointe une gravité qui déjà à l’époque de ses maîtres, était la marque des grands masterchefs, de ceux qui parvenaient à atteindre cet équilibre parfait entre chaud et froid sans rater la cuisson. C’est avec son troisième album paru avant l’été, We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves, que ce proche collaborateur du freak folkeux Ariel Pink, d’Animal Collective et de Panda Bear, parvient au sommet de son art, retrouvant par la même la fraicheur et la naïveté de l’époque musicale et follement créatrice qui l’a vu grandir.

 

Première nouveauté du cru 2011 : John Maus possède un tube juste irrésistible, Keep Pushing On.

 

 

Une voix profonde mais jamais gothique, des synthés qui virevoltent comme autant de petits elfes autour d’un feu païen, des textes intrigants comme ce Cop Killer, balade en apparence romantique au refrain glaçant en forme d’appel au meurtre : « Cop killer, let’s kill the cops tonight« . Où l’on comprend que la violence du bulldozer métal hip-hop de Body Count, groupe d’Ice-T auteur d’une chanson du même nom, devient dérisoire face à la folie contenue des mots de John Maus, faux calme derrière lequel se planque un vrai psychopathe.

 

 

John Maus a suivi des études de philosophie en Suisse et passe actuellement un doctorat de sciences politiques tout en enseignant dans sa ville d’Austin dans le Minnesota. En citant Alain Badiou et Cabaret Voltaire, le krautrock et la musique baroque, l’Américain crée un hybride étonnant et personnel, grave et touchant, paradoxalement à l’opposé de la prétendue légèreté de la pop 80’s dont sa musique possède pourtant tous les atours.

 

 

On ne sait pas encore réellement où John Maus veut en venir mais peut-être que lui-même ne sait pas non plus où ses expérimentations le mèneront. Son œuvre s’apparente à une recherche permanente dont We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves représente une remarquable étape (déjà l’un des albums de 2011) mais dont le meilleur reste pourtant à venir, nul besoin d’être Paco Rabanne pour le prédire. Et c’est clairement ce qui fait de John Maus le producteur le plus passionnant et énigmatique du moment, lui qui rigole d’être né le même jour que Haendel – mais pas la même année, je vous rassure. A l’image de celui qui pointe sur la pochette de ce dernier album, il est un phare indispensable dans l’obscurité de l’époque.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :