Autre Ne Veut, je veux cette autre soul

Le monde est en train de trembler face aux nouveaux jeunes. Car contrairement à pas mal de vrais vieux qui sommeillent sous des peaux non encore burinées par le temps (dernier exemple en date, Miles Kanes), Autre Ne Veut sait tout faire. Composer des mélodies immortelles capables de résister à un tsunami et à des fuites radioactives. Produire sa musique avec des machines branchées sur un simple courant d’air. Faire couler de son blanc organe un miel R&B. Tenir une scène. Faire frémir un public.

Sa voix m’avait transporté quand je l’avais découvert l’an dernier, alors que sortait son premier album sur l’étonnant label new-yorkais Olde English Spelling Bee, une maison iconoclaste et anachronique qui accueille un renouveau pop porté sur l’électro et la soul blafarde. On y croise des gens aussi indispensables à notre époque que Ducktails, James Ferraro, Forest Swords ou Julian Lynch. Le vénérable Guardian s’était même fendu à l’époque d’une analyse aussi pertinente que passionnante : Why Olde English Spelling Bee is creating a buzz.

Avec son tout nouveau EP Body paru cet été sur le label Hippos In Tanks, le cas d’Autre Ne Veut devient plus facile à cerner car le feu qu’il répand est circonscrit à quatre morceaux. Tout l’art de cet artiste de Brooklyn consiste à s’engouffrer dans la fameuse brèche qu’on nous a vendue pour accepter de vieillir dans les années 2000 : à défaut d’offrir un nouveau style aussi excitant que le grunge ou le punk, les barrières entre les genres seraient donc tombées. Pour lui, la musique consiste à faire en sorte que Marvin Gaye et Animal Collective ne fassent plus qu’un. Afin d’arroser cette éblouissante réussite, je propose ici les quatre titres dans l’ordre du EP tant ce monsieur le mérite amplement, autant pour l’ambition affichée que pour l’accomplissement de son rêve pas si fou.

Chanson d’amour piquée par une mouche tsé-tsé sur fonds de beats distordus, pop-song sans queue ni tête, complainte soul digitale, new-waverie indus héroique réminiscente de The The. Autre Ne Veut fait du neuf avec du recyclé sans jamais sombrer dans un quelconque revival, tout en remettant la voix et le déhanché sexy au goût du jour. Moi, je le veux.

A signaler que Hippos in Tanks compte dans ses rangs Hype Williams, James Ferraro, Sleep ∞ Over, Games, D’Eon… Tous ont leur place dans ces colonnes. Ce label se définit lui-même comme une « force de travail dédiée aux solutions innovantes dans la musique moderne ». C’est drôle, simple, et tellement vrai.  Miles, s’il te plait, retourne jouer aux billes et ne dérange plus les grands.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :