The Weeknd, la soul régénérée

Comme disait Bernard Hinault ou un autre philosophe du XXe siècle : on ne va pas se mettre à réinventer la roue. Je vais cette fois écrire sur un coup de coeur dont j’ai déjà juste parlé. En avril dernier, je remerciais Didier Varrod de me permettre de passer du R&B dans feu sa magnifique émission de France Inter, Electron Libre. Pas question pour autant de trahir la confiance du patron : il s’agissait bien là de présenter les nouvelles directions prises par les musiques électroniques. Trois mois après, l’écoute de The Weeknd me renforce dans mon amour de ce groupe et conforte mon enthousiasme partagé sur nos ondes nationales. Au-delà du R&B, c’est aussi du sexe et de la drogue dans presque chaque ligne de basse, chaque ligne de baise dont il s’agit tout au long des neuf titres du mirifique album House of Balloons mis gratuitement en ligne sur son site par ce trio de Toronto en début d’année.

The Weeknd (à prononcer et comprendre comme the weakened, soit les affaiblis), c’est un chanteur, Abel Tesfaye (né en… 1990), et deux producteurs Doc McKinney et Illangelo. Plus proche de la vague chillhouse des Toro Y Moi, Memoryhouse et autres JJ que de Timbaland, The Weeknd s’appuie sur les codes de l’électronique maison à base d’electronica et de samples, pour servir une voix en or, suave comme un Craig David des grands jours. Si ce n’est que cette voix de velours parle sexe, dépravation et drogues, dans une atmosphère minimale et mélancolique. Quand The-Dream s’épanche sur ses conquêtes sexuelles, The Weeknd évoque le malaise de la société moderne sur le mode de l’introspection et de la déviance. Sur High for This, le chanteur propose de drôles de jeux sexuels à une fille. Sur Wicked Game, il étale toute la perte de confiance dans sa vie amoureuse.

Le titre Glass Table Girls qui reprend sur toute sa moitié un sample du Happy House des punks goths anglais de Siouxsie & the Banshees ne parle que de cocaïne… On pense à Salem qui aurait fait du R&B plutôt que du hip-hop gothique, on pense à un R Kelly enfermé dans sa camisole. On pense surtout qu’une fois de plus l’électronique a sauvé un genre musical de sa déprime, de sa mort annoncée.

L’album est à télécharger librement et sans menottes sur le site de The Weeknd

Les opposants au disque dur peuvent l’écouter sur leur Soundcloud

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