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Archives du 10/06/2011

Katy Brien est née à Londres le 8 mai 1989. Peut-être le jour même où j’achetais l’album de Shades of Rhythm, un nouveau Beloved ou un maxi de 808 State. Ou pourquoi pas un Neneh Cherry, voire même une production du label Talkin Loud de Gilles Peterson. Tous ces noms ne diront pas forcément grand chose aux natifs de cette glorieuse année qui avait vu le rock et la dance fusionner en une orgie qui allait bouleverser bon nombre d’existences rongées par l’apathie du rock indépendant et de la pop british de l’époque. Et la mienne en l’occurrence.

Pourtant, ils expliquent chacun à leur façon la descendance de cette gamine anglaise d’à peine 21 ans qui régénère la pop locale en l’encanaillant avec les rythmiques du genre le plus novateur, même si le plus underground de l’Angleterre actuelle : le dubstep. Après une participation réussie au balourd double album de Magnetic Man – les Asia du genre -, la voilà en solo, sur le label Rinse (Skream, Roska…), décomplexée et malicieuse, prête à reprendre un flambeau à des précurseurs dont elle n’a cure. Et c’est peut-être là le secret de sa formule juste miraculeuse, parfait équilibre entre pop  funky et UK bass.

Je n’ai jamais vu de film avec Ryan Gosling mais je ne suis pas sûr que sa filmographie demeure aussi inoubliable que celle de Joël Séria. Peu importe. Le cinéma en deux dimensions qu’il filme  à travers son projet musical Dead Man’s Bones avec son pote Zach Shields vaut toutes les Palmes d’or, d’encens et de myrrhe jamais distribuées sur la Croisette. Déjà parce qu’il invente un univers furieusement visuel qui convoque tous les clichés des peurs en version cinémascope à  l’américaine : gentils fantômes, troublantes chorales de classes et citrouilles de Halloween.  Mais surtout parce que sa chanson americana  au coin du feu voit un adulte renouer avec l »enfance sans condescendance ni caricature.  La vie et la mort s’y croisent autour d’un étonnant feu de joie à la gloire des sorciers, des zombies et des loups-garous.  Paru en 2009, l’unique album Dead Man’s Bones demeure l’hymne à la vie le plus vibrant entendu ces dernières années. Arbre de vie aurait sans doute rectifié Terrence Mallick.

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